
LA COMMUNE DE NIMY-MAISIÈRES
ORIGINES. — Les découvertes importantes de haches et d'instruments en silex
trouvés à Maisières, nous font supposer qu'il existait
autrefois, sur le territoire de ce hameau du village de Nimy, une fabrique
d'armes qu'exploitaient des Celtes, habitants primitifs
de la Belgique. Entre les années 200 et 130 avant l'ère chrétienne, les Celtes
furent chassés de nos contrées par des peuplades germaniques
La commune de Nimy-Maisières, située à 1 lieue de Mons, est bornée au N par les
villages de Casteau et de Masnuy-Saint-Jean , à l'E. par celui
d'Obourg, au S. par le territoire de Mons, et à l'O. Par celui de Ghlin. — Elle
se compose de son chef-lieu et deux hameaux : Petit-Nimy et Maisières.
Son étendue territoriale est de 1,018 hectare, 22 ares, 8 centiares. Nimy avait,
en l790, une population de 700 habitants, et Maisières, de
250. Les deux villages réunis comptaient 1,080 habitants, en 1802, et 2876, eu
1860 qui furent à leur tour conquises par les armées romaines. De
même que les Celtes, les Romains ont laissé à Maisières des traces nombreuses de
leur occupation. Il est peu de localités, en effet,
où l'on ait mis et où l'on mette au jour, chaque année, autant de pièces de
monnaies et de médailles romaines ; autant d'objets
de bronze, tels que : bracelets, fibules ornées et boucles ; autant d'urnes
cinéraires, de soucoupes en terre sigillée ; autant de potiches
des différentes pâtes ; autant de vases de toute espèce '. Ces découvertes
d'antiquités et l'existence, à proximité de Maisières,
de l'ancienne voie romaine de Bavai à Utrecht, nous semblent démontrer que ce
hameau était habité avant et pendant
la domination des Romains. Cependant il n'est question de Maisières dans aucun
document écrit, antérieur au xi.e siècle. La
première charte qui cite le nom de ce hameau est un acte de partage de la forêt
de Broqueroie, de l'an 1194*. D'après cette
charte, le bois de Sainte- Waudru , à Maisières, formait l'une des limites de la
forêt de Broqueroie.
Quant au village de Nimy , où l'on a découvert une hache celtique et une
sépulture romaine,

il formait au vu.e siècle de l'ère chrétienne, un alleu appartenant à Sainte- Waudru 3. Lorsque cette pieuse princesse se cloîtra dans le monastère qu'elle avait fondé à Mons, elle fit donation à la comtesse Aye, sa cousine, de plusieurs alleux dont elle avait hérité de ses aïeux , et parmi lesquels se trouvait le franc-alleu de Nimy. Plus tard, la comtesse Aye voulut à son tour se vouer à Dieu ; elle se réfugia au couvent placé sous le patronage de Sainte- Waudru , et, par reconnaissance envers sa bienfaitrice, elle abandonna aux chanoinesses de Mons tous les biens qu'elle tenait de la libéralité de sa cousine. C'est ainsi que Nimy devint la propriété du chapitre de Sainte-Waudru'. Dans une bulle du 18 février 1181 , concernant les privilèges de ce chapitre , le pape Lucius III le maintint en possession des terres labourables, des prairies, des viviers, des maisons et des moulins dont il était propriétaire à Nimy *. Par diplôme délivré le 14 janvier 1458, Philippe-le-Bon confirma également au chapitre, entre autres possessions, celle du village de Nimy et du hameau de Maisières qui en dépendait .
LA SEIGNEURIE.
Le chapitre de Sainte-Waudru avait la seigneurie foncière de Nimy et de Maisières dans toute l'étendue de ces deux villages. Il y exerçait aussi les droits de haute, moyenne et basse justice, et y percevait les deux tiers de la grosse dîme.
Les dîmes qui étaient affermées en trois
cantons distincts, rapportaient, en 1794: pour le premier canton, 713 livres;
pour le second, 579 livres 11 sols; et pour le troisième, 1,000 livres, monnaie
de Hainaut. Les bâtiments, où on engrangeait les fruits de la terre offerts aux
chanoinesses, à titre de dîmes, furent
incendiés à la fin du siècle dernier '. Le chapitre avait à Nimy-Maisières un
nombre considérable de biens. Il serait difficile, pour ne pas dire impossible,
d'énu-
mérer chacune des censes , chacune des parcelles , soit de prairies, soit de
terres labourables , qui appartenaient aux chanoinesses ; qu'il nous suffise de
dire que ces divers héritages étaient affermés, en 1794, pour une somme totale
de 4,982 livres, 14 sols, 1 denier, et de rappeler que certaines portions de
prairies , parmi lesquelles nous citerons les Namursars , près des Wartons, le
lioselois, les Abîmes, les Digues, le Pré Corbeau et La Villette, sont encore
désignées dans notre cadastre moderne par les noms qu'elles portaient autrefois.
Déjà, en 1343, le chapitre possédait à Nimy plusieurs moulins à farine
qu'alimentaient les eaux de la Haine. Le premier de ces moulins subsiste encore
à proximité de l'église ; les habitants du village lui ont conservé sa
désignation
séculaire de Moulin des Dames. Sa situation pittoresque a fourni à M. Étienne
Wauquière , Directeur de notre Académie des Beaux- Arts, le sujet d'un joli
dessin. Cette belle étude de paysage a été tracée sur la pierre lithographique
et publiée en 182 ; mais les exemplaires en sont aujourd'hui d'une excessive
rareté.
le clocher de Thieusies; sur l'avant-plan, les églises de Nimy et de Maisières
avec les maisons qui les environnent , la ferme de Warton; et enfin, dans
un plan un peu plus éloigné , l'abbaye de Saint-Denis en Broqueroie. Cetle
miniature fui faite à l'occasion d'un procès qui s'était élevé entre le
chapitre de Sainte-Waudru et l'abbaye d'Hasnon, et dont noire collègue, M.
Alexandre Pincuart, a publié une analyse délaillée dans le Messager, Le second
moulin est situé en aval du premier, derrière la faïencerie. Deux artistes
habiles, MM. Madou et Liez , ont dessiné , à des points de vue différents , le
site charmant de cet établissement industriel, et la lithographie a également
reproduit leurs dessins. Celui de M. Madou, qui est le plus complet, représente
les bâtiments, la chûte d'eau , de vastes prairies , des champs couverts de
moissons, et dans le lointain, le panorama de la ville de Mons.
Le chapitre possédait en outre, à Nimy, des moulins à écorces, que, de temps
immémorial, il louait de préférence à la corporation des tanneurs de la ville de
Mons. L'un de ces moulins fut reconstruit, en 1705, aux frais de Charles Merlin,
locataire du Moulin des Dames, qui avait contracté cette obligation
vis-à-vis des chanoinesses. Par lettre du 9 août 1758, le Conseil des finances
créa un véritable monopole en faveur du meunier de Nimy ; il défendit aux
tanneurs de faire moudre leurs écorces ailleurs qu'à son usine, en considération
de ce que ce meunier avait pris l'engagement de n'exiger qu'un salaire de
5 sols par sac. Le chapitre était propriétaire à Nimy-Maisières d'une vaste
forêt, dont l'importance diminua insensiblement, mais qui ne fut complètement
défrichée qu'en 1827 et 1828 , à l'exception de 40 hectares qui furent convertis
en sapinière. Le bois de Nimy contenait encore 239 hectares 53 ares , y compris
9 hectares 96 ares de terrains repeuplés et 5 hectares de bruyères , quand il
fut vendu, le 8 novembre 1825, par l'administration des Domaines
à MM. Augustin et Florent Honnorez. Lorsque sainte Aye fit donation de son
franc-alleu de Nimy au monastère fondé par sa cousine, elle accorda aux
habitants de ce village le privilége de couper certaines essences d'arbres dans
la forêt et le droit d'y faire paître leurs bestiaux '. Ce droit de pacage
1 La vie et les miracles de S. Ursmer et de sept autres, avec la chronique de
Lobbes , par Gilles Waulde. Mons Jean Havart.
Fut reconnu et confirmé en faveur de la
commune par un jugement de la Cour féodale du Hainaut, rendu à Mons, le premier
lundi après la Toussaint de l'an '1354. Au xn.e siècle, un préposé appelé
sergent et qui avait la qualité d'homme de fief de Sainte-Waudru, était chargé
de veiller à la conservation du bas
de Maisières. La futaie et le taillis de la forêt étaient mis en coupes réglées;
la vente des chênes croissant sur la partie du bois, dite la Vendoise,
produisit, en 1794, 1,234 livres 18 sols 4 deniers, et la vente du taillis
abattu dans la même partie, 1,695 livres 1 1 sols. La coupe du taillis dans le
Respois et dans
le Petit bois, donna, à la même époque, un revenu de 293 livres 15 sols 6
deniers. Les comptes du chapitre renseignent aussi, en 1794, le produit
de plusieurs portions de terrains qu'on venait de défricher et qu'on essayait de
mettre en culture. 1.° La Fosse de la Perrière, située près du vieux chemin de
Soignies, et contenant environ 1 journel, rapportait 78 livres; 2.° Une section
de la Cense au bois et de la Fosse aux Loups, entre le chemin d'Ath et le bois
de
Ghlin, d'une contenance de 10 bonniers et 1 quarteron, rapportait 94 livres 14
sols; 5.° Une autre section de la Cense au bois et de la Fosse aux Loups,
contenant 15 bonniers 1 journel et 1 quarteron, loués en 16 lots, rapportaient
47 livres 10 sols; 4.° enfin le Planchinois, contenant 9 bonniers 1 journel 3
quarterons,
loués en 14 lots, rapportait 42 livres. La recette des rentes en argent, en
avoine et en chapons produisait au chapitre environ 505 livres de Hainaut1.
Enfin, les chanoinesses possédaient dans le bois de Maisières une carrière de
grès, d'où l'on extrayait, en 1447, des matériaux qui devaient servir à la
construction de l'église de Saint-Germain , à Mons. Une partie de l'ancienne
forêt a conservé longtemps le nom de taille de la carrière.
LE CHATEAU.
L'existence ancienne d'un château à Nimy-
Maisières nous est révélée par l'extrait suivant d'une résolution prise, par le
chapitre de Sainte-Waudru , à la date du 25 mai 1 691 : « Le Maistre des
ouvraigcs fera démonter les pierres d'un » vieux bastiment qui fut ci-devant un
chasteau , par-delà la » rivière de Nimy. » Comme on le voit , les derniers
vestiges du château disparurent à la fin du xvn.e siècle , et il nous est
impossible aujourd'hui de déterminer d'une manière précise son emplacement; mais
il est permis de supposer , non sans raison, qu'il était situé à Maisières , à
l'endroit où se trouve actuellement la
maison de campagne de M. le comte Cornet d'Elzius. Le château de Nimy-Maisières
avait ses seigneurs particuliers, ainsi que semble l'indiquer un manuscrit du
xvi.e siècle, de la bibliothèque publique de Mons. On lit dans ce manuscrit : Au
villaige de Nimy lez Mons, en haut l'autel, en un marbre
plat , est un homme armé : «Chi repose Pierart de Roisin 5,'Sr de Nimy, qui
trépassa l'an 1332 et Damoiselle Isabiau fiauirtengljien. s. tapeuse et femme
qui trépassa en l'an 1222. Jour de mars. Le manuscrit est orné de deux blasons
coloriés, dont l'un bandé d'argent et de gueules de six pièces, figure les
armoiries de
la famille De Roisin. Ces armoiries étaient peintes sur une verrière de
l'ancienne église de Nimy. Un autre châtelain, Messire Wion , seigneur de
Maisières ,
gréva, en 1384, plusieurs héritages qu'il possédait dans ce hameau, d'une rente
de dix sols, échéant aux Rois, au profit de l'abbaye de Bélian, à Mesvin. .
DROITS DU COMTE DE HAINAUT.
Au moyen-âge, les habitants de Mimy-Maisières
étaient tenus vis-à-vis de leur souverain, <<le comte de Hainaut, à
l'accomplissement de certaines obligations
qui sont énumérées, en ces termes, dans un document du xm.e siècle '. Chascuns
feurs de Nimi et de Maisières doit 3 quartiers »
d'avaine. » Si a le quens (le comte) fourmorture et mortemam. » Et si a le quens
de taille à 2 tiennes, x livres. » Et si a le quens chascun an del homme et de
le femme ensaule » (ensemble), ki ne sont à sainteur *, 3 quartiers d'avaine,
pour » chou qu'ils sont quitte de tous tonlieux à Mons. »
Et si a le quens en ces 2 villes dousaine et sisaine à ses » gens. »
La comtesse de Hainaut, Marguerite de Constantinople, afferma, en 1274, « à Mainfroi Garet, à Manuyel Garet et autres lombards de la Maison de Mons, » la perception des rentes en avoine qu'elle avait le droit d'exiger des habitants de Nimy et de Maisières.
MAIRIE , ÉCHEVINAGE , ADMINISTRATION.
Le chancelier Gilbert, qui écrivait sa
Chronique du Hainaut, à la fin du xn.e siècle, nous rapporte que, de son temps ,
le mayeur héréditaire de Nimy
devait foi et hommage au comte de Hainaut, en sa qualité d'abbé de Sainte -Waudru,
et qu'il lui payait chaque année, le jour de Noël, certaines redevances 3. Ces
redevances étaient, en 1265, de 7 sols et de quatre chapons. Le même mayeur
élait, en outre, tenu à des prestations en argent et en denrées, en faveur du
Prévôt des églises de Mons. D'après l'annaliste Vinchant, des contestations
s'élevèrent, en 1201, entre le Prévôt de Sainte- Waudru, et le mayeur de Nimy-Maisières,
qui se nommait alors Marcel, relativement à leurs droits et devoirs réciproques.
Le comte de Hainaut, Baudouin de Constantinople, intervint dans le
débat, ne tarda pas à mettre les parties d'accord et leur fit accepter un acte
de transaction qui stipulait : « que le mayeur serait * Ki ne sont à sainteur,
c'est-à-dire, qui ne sont pas serfs ou serves d'un chapitre, d'une abbaye, d'un
monastère ou d'une église. investi de ses fonctions par l'église de Sainte-
Waudru , qu'il devrait payer, chaque année, au prévôt, le 5.c jour après la
Nativité, une rente de quatre deniers pour pain , de quatre chapons, et de six
deniers pour vin ; mais que, de son côté, le Prévôt devrait recevoir le mayeur à
sa table , le jour du paiement de la rente , et « lui donner un disner honneste
avec vin '. » Cet usage d'offrir un diner au mayeur était tombé en désuétude à
la fin du siècle dernier. La mairie de Nimy et celle de Maisières , dite De La
Motte , bien
que formant des fiefs distincts, étaient ordinairement occupées par le même
officier. Cela résulte, pour ne citer qu'une preuve , d'un document du xiv.e
siècle, qui repose dans les archives de l'église de Nimy*. Ce chirographe d'un
acte de vente nous fait connaître quelle était, en 1586, la composition de
l'administration
communale de Nimy-Maisières : Pierre Grigores possédait les deux mairies, et
cinq échevins, nommés Jean Soriaulx, Nicaise Coulons, Pierre Brusniauls , Gilles
Scarchoriauls (Scarceriaux) et Nicolas De Lasnoit, exerçaient à la fois leur
juridiction scabinale sur les deux localités.

Les échevins se servaient d'un sceau particulier, ayant pour légende : S : ECCHEVINALLE DE Nl.MV £ MAISIER dans le champ, un écusson en forme de losange, posé sur une. Crosse abbatiale, et portant mi -parti de sinople à la croix d'argent et d'or à trois chevrons de sable : armoiries attribuées à saint Vincent et à sainte Waudru, sa femme. Voici le fac-simile.
Le ferme du village se trouve encore sous le
clocher de l'église. Nous avons examiné avec M. Devroede, curé de Nimy , et
notre collègue, M. Léo-
pold Devillers , les nombreux parchemins que contient ce dépôt , et nous n'y
avons trouvé aucun autre document que des actes de vente , de louage
et de partage, des contrats, etc. D'ailleurs, les archives de Nimy ont été, pour
la plupart, dispersées pendant le siège de Mons de 1709.
CULTE ET BIENFAISANCE.
S'il faut en croire Jacques de Guise,
le village de Nimy et le hameau de Maisières formaient déjà deux paroisses
distinctes en 1862; mais ce n'est qu'au xv.e siècle que l'histoire peut
déterminer avec certitude quelle était, à cette époque, l'organisation
spirituelle, ainsi que l'administration du
temporel de ces deux paroisses. En 1454, l'église de Maisières, dédiée à
Saint-Martin, était desservie par un chapelain qu'assistait
un clerc; ses biens étaient administrés par un mambour et un receveur3; celle de
Nimy, dédiée à la Sainte-Vierge, avait, en
1458, un chapelain et un clerc, mais la même personne cumulait les fonctions de
mambour et de receveur *. Le receveur de Maisières et le mambour de Nimy
rendaient annuellement compte de leur gestion au bailli du chapitre de
Sainte-Waudru, en présence du trésorier du Hainaut, du chapelain
de leur paroisse respective, du mayeur et des échevins. Sous Joseph II, l'église
de Maisières n'était plus qu'une annexe de celle de Nimy. Un seul pasteur, qui
était choisi par le chapitre 1 Le cimetière de Maisières , au milieu duquel se
trouvait l'église de ce hameau, fut entouré d'un treillis en 1761. Depuis
quelques années, ce cimetière a été transféré sur la bruyère, loin des
habitations et à gauche de la route de Mons à Bruxelles.
De Saint-Géry, de Cambrai, collateur,
exerçait sa juridiction spirituelle sur le village et sur le hameau. Il
jouissait du tiers de la grosse dime qu'il affermait, année commune, pour 1909
livres environ. En 1790, le curé de Nimy avait un vicaire qui allait le dimanche
à Maisières célébrer l'office divin.
Depuis la réorganisation du diocèse de Tournai, en 1803, jusqu'en 1834, la
paroisse de Nimy fut privée de vicaire, mais au mois de juillet de cette
dernière année, un prêtre fut adjoint au curé. L'église de Maisières où le
vicaire de Nimy allait officier, ne fut érigée en succursale du doyenné de
Sainte-Élisabeth, à Mons,
que par un arrêté royal du 11 juillet 1842. Nimy et Maisières forment
actuellement deux paroisses distinctes, ayant chacune leur pasteur, mais Nimy
n'a plus de vicaire. Les recettes de la paroisse de Maisières s'élevaient, en
1454, à la somme de 44 livres tournois, 17 sols, 9 deniers; les dépenses à 19
livres tournois, 6 sols, 7 deniers. Quant aux recettes de la paroisse de Nimy,
elles étaient, en 1438, de 28 livres tournois, 9 sols, 5 deniers, et les
dépenses de 23 livres tournois, 14 sols, 9 deniers. Les revenus des deux églises
servaient à couvrir les frais du culte et de la bienfaisance.
Le plus ancien acte connu de fondation pieuse, fait au profit de l'église de Nimy, porte la date du 6 novembre 1528. C'est un obit fondé par Anne de Ligne, chanoinesse de Sainte-Waudru. ÉDIFICES. — La maison communale de Nimy-Maisières est de construction moderne. Le 27 mars 1825, le conseil décida qu'un bâtiment qui renfermerait à la fois la salle des séances de l'administration, les bureaux du secrétaire, les classes de l'école et le logement de l'instituteur, serait élevé sur la place de Nimy, à côté de la faïencerie et dans le même style que cet établissement industriel. Au mois de juin 1826, les travaux furent adjugés à M. Ferdinand Roger, de Nimy, pour la somme de 4,190 florins; en septembre de la même année, on mit la main à l'œuvre, et douze mois après, l'édifice était achevé. L'école fut inaugurée le 20 décembre 1827.
Les échevins de Nimy-Maisières firent
reconstruire, en 1749, le corps de garde situé à front du grand chemin de Mons à
Ath.
S'il faut ajouter foi au témoignage des vieillards de la commune, l'église
actuelle de Nimy fut bâtie en 1789, aux frais du chapitre
de Sainte -Waudru , et livrée au culte en 1790. Quant à la tour, dont la base
paraît très ancienne, elle porte à sa partie supérieure le millésime de 1708.
Le vaisseau de l'église de Nimy est d'une architecture simple et de bon goût * ;
il se compose d'un chœur et de trois nefs séparées par six colonnes et il est
éclairé par douze fenêtres en plein cintre. En 1852, des orgues ont été placées
sur le jubé, au-dessus de la porte principale. En 1860 et 1861, la fabrique a
fait restaurer et embellir l'intérieur de l'édifice. Le chœur a été pavé de
marbre, orné d'un maître-autel neuf et de stalles en chêne sculpté , et
décoré de huit vitraux avec des sujets peints représentant la sainte Vierge,
saint Joseph, saint Pierre, saint Paul, et les quatre évangélistes.
Prochainement, le retable du chœur sera décoré d'un tableau qui a pour sujet la
Mort du Christ, et que le gouvernement vient d'acquérir de M. De Gronckel,
directeur de l'académie de Lockeren , moyennant une somme de 4,000 francs , pour
en faire don à l'église.
Entre autres objets d'art, on remarque dans
l'église de Nimy un reliquaire en argent, dans lequel est enchâssée une parcelle
d'os du corps de saint Roch. Ce reliquaire, en forme d'ostensoir, a été donné,
le 19 janvier 1654, par Jean Vinchant, écuyer, seigneur de La Haye, Morval ,
etc., et conseiller à la cour souveraine
du Hainaut, à la confrérie de saint Roch, de Nimy, à charge de faire célébrer
des offices religieux pour le repos de l'âme du donateur*. 1 M. Liez
a dessiné et fait lithographier, en 1829, une vue de l'église de Nimy, prise du
chemin qui entoure le cimetière.
Le chapitre de Sainte- Waudru fit
reconstruire, en 1704, la cure de Nimy. Les travaux furent entrepris pour la
somme de 1,202 livres*. Mais comme cet édifice tombait de vélusté, on le
démolit, en 1853, et on éleva sur ses fondements, qui ont été conservés, le
presbytère actuel, d'après les plans dressés par
M. Valère Wins , alors architecte provincial et commissaire-voyer de
l'arrondissement de Mons. Les frais de construction de ce nouveau
bâtiment s'élevèrent à la somme de 6,700 francs qui fut couverte par les
subsides de la fabrique, de la commune, de la province et de l'État.
La vieille église de Maisières, qui fut démolie en vertu d'un arrêté royal du 19
octobre 1851, était située loin de l'agglomération
des habitations, dans un lieu très-bas, près d'un étang et de plusieurs cours
d'eau : ce qui l'exposait à des innondations fréquentes et la rendait humide et
malsaine. D'ailleurs, elle n'avait qu'une surface de 60 mètres carrés, étendue
qui n'était plus en rapport avec l'accroissement de la population. Dans cet état
de
choses, le Conseil communal de Nimy, par délibération du 13 mai 185) , décida la
démolition de l'église existante et la construction d'une autre, à front de la
route de Mons à Bruxelles, à proximité du presbytère. Les plans furent dressés
par M. Valère Wins. La pose de la première pierre de l'édifice eut lieu, le 9
août 1852, en présence de l'administration communale, et, le 3 juillet suivant,
le nouveau temple paroissial était livré au culte. La fabrique de l'église
n'offrant aucunes ressources, la commune intervint dans les frais de
construction pour la somme de 19,450 francs; la province et l'État allouèrent,
chacun, un subside de 3,000 francs. A l'exlrémité du village de Nimy, à gauche
de la route de Mons à Ath , dans un enclos planté d'arbres , l'on voit une
chapelle
1 Archives de l'État à Mons. — Section du chapitre de Sainte-Waudru. —
Vingt-septième compte de François Lemaire, receveur général du chapitre
de Sainte-Waudru, pour un an fini la veille de saint Jean-Baptiste 1709.
dédiée à la Sainte -Vierge, sous
l'invocation de Notre-Dame de Conception. Dans son ouvrage intitulé : Les
Vierges miraculeuses
de la Belgique (pages 419 et 420), notre collègue, M. le major De Reume, nous
rapporte qu'au xvn.e siècle, on plaça au milieu
de la forêt comprise entre Mons et Jurbise, une image de la Vierge, taillée en
demi-relief dans un bloc de pierre, et qui inspirait une
vive confiance aux voyageurs obligés de traverser cette forêt, refuge de voleurs
et d'assassins. Pour compléter les renseignements
fournis par M. De Reume, nous devons ajouter : que par résolution, en date du 21
février 1663, le chapitre de Sainte -Waudru
accorda au Baron De Querken l'autorisation d'ériger une chapelle au bois de Nimy
, auprès d'un chêne où se trouvait déjà une image
de la Vierge. Cette chapelle, qui avait une étendue de 20 pieds de long et 15 de
large, et dont le chapitre avait la haute surintendance,
fut détruite à la révolution française, à l'exception toutefois du retable qui
contient l'image de la Vierge. Ce retable est
aujourd'hui abrité par l'oratoire qui a été bâti, en 1838, aux frais de la
fabrique de Nimy , et à l'aide de souscriptions particulières.
L'enclos dans lequel la chapelle de Conception est construite , contient 50 ares
90 centiares et appartient à la commune
par suite d'échange fait, le 18 octobre 1831, avec M. Augustin Honnorez.
FAITS DIVERS. — Pendant les différents
siéges de Mons, le village de Nimy fut occupé comme position militaire et
couvert
de retranchements par les armées assiégeantes, notamment, en 1572, alors que les
troupes du duc d'Albe investissaient la capitale
du Hainaut. Sous le règne de l'empereur Joseph II, le 22 août 1787 , le chapitre
de Sainte-Waudru décida qu'un cimetière serait établi
sur le territoire de Nimy, à front du chemin vert , pour l'usage exclusif des
nobles, des magistrats, des fonctionnaires et des
membres des corporations de la ville de Mons étant de la paroisse de Sainte-Waudru.
Ce cimetière aristocratique fut supprimé,
sous la république française, au mois de juillet 1796.
Pendant le règne du même empereur, le
village de Nimy fut doté d'un établissement industriel important. Une fabrique
de
faïence fut fondée, en 1789, par Messieurs Fery-Francois-Joseph de Bousies ,
Procope- Xavier de Sécus , et Bonaventure-Hyacinthe-
Joseph de Bousies. Le 30 juillet 1789, Joseph II conféra à cette manufacture
avec d'autres faveurs le titre de Fabrique Impériale
et Royale. La faïencerie de Nimy demeura la propriété de la famille de Bousies
jusqu'en 185O, époque où elle fut achetée par la
Société Mouzin , Lecat et C.ie qui l'exploite aujourd'hui. Ce fut à la
faïencerie de Nimy que, le 14 mai 1794, les membres
de la Députation des anciens États du Hainaut se donnèrent rendez- vous,
lorsqu'ils partirent pour Ath, où ils avaient décidé de tenir
leurs séances pendant les circonstances difficiles du moment'. On sait que les
armées de la Convention avaient envahi notre territoire,
du côté de la Sambre, pour livrer bataille aux Autrichiens, et que bientôt la
victoire de Fleurus allait faire tomber de nouveau
notre pays sous la domination française. Le 4 septembre 1821 , le prince
Frédéric des Pays-Bas, fils du roi Guillaume I.er, vint inspecter le polygone
d'artillerie qu'on avait établi sur la vaste bruyère de Maisières , qui s'étend
à gauche de la grand-route de Mons à Bruxelles, et qui est vulgairement
connue sous le nom de Camp de Casteau, parce qu'elle sert ordinairement de
plaine d'exercice pour les troupes de la
garnison de Mons, et à cause de sa situation voisine du village de Casteau.
Quatre ans plus tard, du 15 septembre au 14
octobre 1825, sept mille hommes de troupes, sous le commandement en chef
du lieutenant- général baron Tindal, étaient réunis au camp de Maisières et
logés sous des tentes et des baraques en bois. Le
6 octobre de la même année, le prince Frédéric des Pays-Bas y fit exécuter en sa
présence de grandes manœuvres militaires ,
et à cette occasion , l'on représenta sur le théâtre de Mons , unepièce de
circonstance, composée par un acteur, et qui n'avait
d'autre mérite que celui de l'actualité'. Le 25 septembre 1831, la plaine de
Nimy-Maisières fut le théâtre d'une scène militaire imposante. Le maréchal
Gérard ,
commandant-en-chef de l'armée française, y passa en revue les derniers régiments
de ses troupes qui étaient accourues , au mois
d'août, au secours de la Belgique envahie par les Hollandais, et qui rentraient
en France. Avant la création du camp de Beverloo, les différents corps
de troupes de la troisième division territoriale, les chasseurs Capiaumont,
quatre bataillons de garde civique mobilisée, plusieurs escadrons de cavalerie
et quelques batteries d'artillerie, vinrent alternativement, pendant cinq mois,
du 24 mai au 25 octobre 1835, camper et s'exercer sur la plaine de Maisières,
où l'on avait dressé des tentes et construit des baraques. Le roi des Belges,
passa, le 17 août, une revue solennelle des troupes, au milieu d'une population
immense, accourue de Mons et des environs. Le roi Léopold partit le soir pour
Bruxelles, satisfait de la tenue et de l'instruction de l'armée, et emportant
le souvenir de l'accueil le plus patriotique.
La Société d'encouragement pour l'amélioration des races et l'élève des chevaux dans la province de Hainaut , inaugura, le 17 juin 1840, les courses qu'elle a coutume d'organiser, chaque année, sur la magnifique plaine de Maisières, à l'époque de la fête communale de Mons. Les courses de Casteau (c'est ainsi qu'on les désigne), sont souvent brillantes, et elles n'ont pas cessé de jouir chez les sportmen d'une certaine renommée.
En 1849, le village de Nimy a été doté d'une station de chemin de fer.

La voie ferrée de Mons à Manage est destinée
à contribuer puissamment au développement de l'industrie de cette
commune importante du canton de Mons*. CHARLES ROUSSELLE. 1 Voici la statistique
des établissements industriels qui existent actuellement
à Nimy-Maisières : 1.° Deux tanneries ; 2,° une brasserie; 3.° une sucrerie; 4.
°trois ateliers de construction de machines ; 5.° deux fabriques de pipes; 6.°
dix-neuf fabriques de chicorée; 7.° un atelier avec machine à vapeur pour carder
les laines; 8 ° une manufacture de faïences; 9.° quatre moulins à farine;
10.° un moulin à écorces; 11.° un moulin à l'huile. Nous devons cette
statistique à l'obligeante communication de M. Fra- part, secrétaire communal ,
qui nous a fourni, en outre, pour la rédaction de notre notice, les plus utiles
renseignements.
ANNALES DU CERCLE ARCHÉOLOGIQUE DE MONS 1857.
Cartes postales, Augello,C.