Histoire de Saint-Denis. Saint-Denis Aujourd'hui

 

 

La tradition locale rapporte qu'en ce lieu de Saint-Denis, un temple de Jupiter (maître des dieux dans le panthéon romain assimilé au Zeus grec) fut démoli par Saint-Denis, évangélisateur du III siècle.

Plus tard, on y éleva une chapelle dédiée à cet apôtre, venu prêcher l'Évangile à la population et les convertir au christianisme par la prédication.

 

Un ermite (moine vivant dans la solitude pour prier et faire pénitence) vint établir sa hutte auprès de cet oratoire.

 

Dans la seconde moitié du dixième siècle, un dénommé comte Robert s'empara de la localité. Rathier, moine de l'abbaye de Lobbes et célèbre écrivain ecclésiastique racheta le territoire de Saint-Denis au comte Robert. Rathier fut en premier évêque de Liège, puis de Vérone où il fut chassé de ce dernier évêché par suite d'une révolte des habitants laquelle l'incita à revenir à

l'abbaye de Lobbes.

Après s'être retiré pendant plusieurs années auprès de cette chapelle, * Rathier devait mourir le 25 avril 974.

* Rathier (??? - 974) fut évêque de Liège de 953 à 955. Il était, comme ses prédécesseurs, s'origine lotharingienne et abbé de Lobbes, abbaye dont il était moine. Il fut un des plus grands théologiens de son temps. Il dut subir les invasions hongroises en 954 et c'est ce qui le fit abandonner l'épiscopat, le diocèse étant dévasté. Il meurt à Namur en 974 et est enterré à Lobbes, dans l'égelise Saint-Ursmer.

 

Cet oratoire serait l'origine du village de Saint-Denis, lequel fut desservi par les moines de Lobbes. Par la suite des ermites s'établirent dans les bois voisins jusqu'au Xi ème siècle, époque où le prieuré fut abandonné.

Le prieuré se définissait comme une communauté religieuse placée sous l'autorité d'un prieur.

 

En 868-9, Saint-Denis est cité pour la première fois dans un document retraçant le polyptyque des biens de l'abbaye de Lobbes. Cet ensemble de panneaux peints ou sculptés signale, en effet, l'existence de biens appartement à l'abbaye sambrienne dans un lieu qu'il appelle "Sanctum Dionisium", mention qui a été interprétée, à la faveur d'une version rajeunie du même texte "Sancti Dionisii in Brokerul", comme étant Saint-Denis en Brocqueroie.

 

Brocqueroie désignait une bande forestière qui couvrait la rive droite de la Haine au nord de Mons, elle servit de limite - défensive aux pagi de Hainaut et de Brabant. C'est à la lisière de cette forêt, que les troupes hennuyères de la comtesse Richilde et du jeune comte Baudouin II combattirent, en 1075-1076 (?), les armées du nouveau comte de Flandre, l'usurpateur Robert le Frison.

 

Vers 1079 - 1080, la politique des comtes de Hainaut prend une orientation nouvelles: de spoliateurs, ils deviennent les protecteurs des institutions religieuse.

C'est à ce moment que Baudouin II accorde son appui à un groupement de moines et les établit dans son alleu de Saint-Denis sous la direction d'un abbé. Il les dote de cet alleu, c'est-à-dire de la villa comtale avec ses terres, ses bois, ses prés, ses étangs et ses serfs et serve.

 

En 1080, la comtesse Richilde se rend en pèlerinage à Rome.

A son retour, elle annonce son intention de "relever" le petit monastère, le locellus, dédié à Saint-Denis et de" soumettre les frères qui y vivent à un statut régulier, à savoir les règles de Saint-Benoît". Le locellus dont il fait mention pour la première fois dans l'acte de 1081 représente donc, selon toutes vraisemblance, la communauté établie par Baudouin II.

 

En 1082, la comtesse déclara solennellement renoncer à tout droit d'avouerie sur la nouvelle fondation et surtout que l'évêque de Cambrai, Gérard II, renonçait partiellement à ses droits traditionnels de correction en faveur de l'abbé de Sauve Majeure et quelques éléments de son pouvoir d'ordination. L'abbé de Sauve Majeure recevait donc la responsabilité du maintien de la règle de Saint-Denis, il avait le droit d'y désigner l'abbé et devait y corriger tout excès.

 

 

La formation du Domaine.

 

Lorsqu'ils s'installèrent à St Denis, les premiers moines furent nantis par Baudouin II de quelques biens situés autour du monastère. En 1081, Richilde leur en confirma la possession et accrut ce patrimoine, l'alleu de St Denis, terre cédée en pleine propriété à l'abbaye, constituait un domaine comtal en activité avec ses bâtiments d'exploitation, sa brasserie, son moulin, ses terres arables, ses près, ses bois, ses étangs, et sa main-d'oeuvre constituée par une vingtaine de serfs.

 

 

L'abbaye se vit aussi confier l'église paroissiale. Richilde ajouta quelques terre dans le village proche de Montignies-lez-Lens et en 1089, Baudouin II, avec l'approbation de l'évêque de Cambrai, Gérard II, confia à la jeune communauté l'ecclesia Sancti Petri in Montibus, c'est-à-dire le chapitre de Saint-Pierre de Mons que le comte entendait supprimer.

 

En 1424, date à laquelle l'abbé de Saint-Denis racheta la soumission de l'abbaye en payent 500 couronnes de France à l'abbé de Sauve Majeur. Saint-Denis devint autonome.

Tableau chronologique de l’histoire de l’abbaye de Saint-Denis depuis 1081  

DATES

EVENEMENTS

1081

Fondation de l'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie par le Comtesse de Hainaut Richilde et son fils le Comte de Hainaut Baudouin II.L'Evêque de Cambrai, Gérard II, a mené durant cette période une activité intense de développement de la vie monacale (création des Abbayes de Anchin, Saint-Denis, Granmont, Affligem,...). Une hypothétique bataille à Saint-Denis en Broqueroie quelques années auparavant ne semble pas expliquer cette création.

1081

La Comtesse Richilde rattache l'abbaye de Saint-Denis à l'abbaye bénédictine de la Sauvemajeure (près de Bordeaux) et la soumet à la règle de Saint Benoit.

1084

La Comtesse Richilde et son fils le Comte de Hainaut Baudouin II donnent à l'abbaye de Saint-Denis le village du même nom.

1084

L'Eglise Saint-Pierre de Mons est attribuée à l'abbaye (confirmation en 1124)

1117

Confirmation de la donation à l'abbaye du village de OBRECHIES (près de Maubeuge) par le  Comte de Hainaut Baudouin III

1119

L'Evêque de Cambrai, Burchard, concède à l'abbaye les autels de Houdeng, de Goegnies, de Lembecq ainsi que les alleux de Peronnes et Trivières

 

1119

Le pape Calixte II confirme les possessions de l’abbaye de Saint-Denis en Brocqueroie

 (18 novembre 1119)

1125

Confirmation de la concession de l'autel de Quenast

1128

Incendie du monastère (à l'exception du Trésor et de la bibliothèque)

1136

Nouvel incendie avec destruction complète

1138

Confirmation de la concession de l'autel de Naast

1142

Une foire annuelle est accordée au village de Saint-Denis à la fête du saint patron (9 octobre)

1156

Concession de la chapelle de Fouleng

1156

Concession de alleux à Baulenghien et Grosage

1161

Confirmation de la donation de l'église paroissiale de Tirlement (à moitié avec l'Eglise SaintJean l'Evangéliste de Liège)

1167

Donation de l'autel de Hoves et ses annexes à Enghien

1205

Donation du quartier du Rapoit à Havré

1209

Obtention de dimes à Hoves et Gottingies

1223

Obtention de dimes à Naast

1242

Accord de sujetion de l'abbaye de Saint-Denis à celle de la Sauvemajeure après un arbitrage

1274-1275

Statuts concernant les aspects fonctionnels de la vie monacale (sceaux, luminaires, pitance, vêtements, infirmerie, cuisine,…)

1321

Accord de confraternité avec l'abbaye de Saint Ghislain

1353

Accord de confraternité avec l'abbaye St Landelin à Crespin

18 avril 1424

Rachat de la sujetion vis-à-vis de l'abbaye de la Sauvemajeure

1469-1481

Abbés commandataires (désignés par le Pape) : Ferry de Cluny, Philibert de Macon, Henry de Berghes.

1498

Henry de Berghes, entretemps devenu évêque de Cambrai, impose un visiteur à l'abbaye de Saint-Denis qui connaissait certains problèmes dûs au relâchement de la discipline (notamment sous les abbés commandataires généralement absents)

1563

Il est fait état de problèmes internes, sous l'abbatiat de François de Behaut, considéré comme faible

1572

Pillage de l'abbaye par des soldats de la garnison de Mons

1605

Consécration de l'autel de la chapelle du refuge de l'abbaye à Mons (rue de Houdain)

1615

A la suite d'une épidémie de peste, des reliques de St. Macaire provenant de Gand sont envoyées à Saint-Denis (tableau toujours visible dans l'église paroissiale d'Obourg)

1625  et suivantes

Réformation de l'abbaye (selon la réforme dite de Lorraine) sous l'impulsion de l'abbé Vincqz (qui sera l'auteur d'une histoire de l'abbaye). Son prédécesseur, Henry de Buzeignes avait entamé le travail de réforme notamment sur base de celle de Mont-Cassin

1628

Début de la construction d'une nouvelle église

1637

Accord de confraternité avec l'abbaye bénédictine de Huneghem à Grandmont

1657

Accord de confraternité avec l'abbaye bénédictine de Poperinghe sous l'impulsion de l'abbé Gouffart ( Journal de 1607 à 1669) qui aura une correspondance avec une moniale mystique de ce monastère : Jeanne DELELOE

1660

A la suite d'une nouvelle épidémie de peste, des reliques de St. Placide et Hyppolitte provenant de Gand sont envoyée à Saint-Denis

1663

Venue à Mons et à Saint-Denis de l'abbé de Ste Geneviève à Paris par ailleurs supérieur général des Ecoliers.

1666

A la suite du bon accueil évoqué ci-dessus, en janvier 1666, l 'abbé de Sainte-Geneviève fera don de reliques de Saint Denis et de ses compagnons martyrs à l'abbaye de Saint-Denis. Ces reliques ont été retrouvées récemment dans la cure paroissiale de Saint-Denis.

1678

Les 14 et 15 août, bataille dite de Saint-Denis, qui causa des dommages à l'abbaye, entre les français du Maréchal de Luxembourg et les coalisés conduits par Guillaume III d'Organge. Cette bataille présente l'originalité d'avoir été menée après la signature de la paix (Nimègue) intervenue le 11 août.

1778

Incendie du quartier abbatial

1785

Contrairement à d'autres abbayes de la région (dont celle de Cambron) l'abbaye de Saint-Denis ne fut pas démantelée dont le cadre de la politique religieuse de Joseph II

1786

L'abbaye touche un droit d"entre cens" sur l'exploitation du charbon (de la "société charbonnière d'Havré, Obourg, Saint-Denis", crée en 1784 et de la "société de Saint Denis à Obourg" crée en 1786)

1789

L'abbé Alavoine est l'un des trois députés envoyés par les Etats du Hainaut auprès des Etats généraux des Etats Belgique Unis (1ère indépendance) avec notamment pour mission de les informer de ce que le Hainaut avait proclamé son  "indépendance"'

1792

Après la bataille de Jemmappes de novembre 1792, l 'abbaye, quoique qu'ayant subi quelque désagréments, a poursuivi ses activités

1794

L'abbé Alavoine (1737-1783-1801) s'enfuit à Cologne avec les émigrés à la suite de la victoire française de Fleurus. Il semble qu'il en était déjà revenu en 1796.

1796

Suppression de l'abbaye en exécution de la loi du 1er septembre 1796. Un seul moine accepta de prêter le serment constitutionnel

1798

Le 3 mars vente définitive du site de l'abbaye et de la ferme de la Haute folie (en fait à Constant Fidèle DUVAL, baron et puis comte, alors bourgmestre de Mons. Intacte au moment de sa vente, l'église de l'abbye fut démolie (matériaux de construction).

1802

A la suite du décès de l'abbé Alavoine, Dom Robert Genva fut désigné à la demande de ses (ex) confrères, abbé de St-Denis par Monseigneur de Rohan, évêque de Cambrai. Il mourrut en 1836 sans avoir pu relancer l'abbaye.

1804-1958

Le site de l'abbaye devient une filature

1958

1959

1978

1985

2000

1957  La filature cessa ses activités. 

 

1959  Elle fut acquise par les Pères des Missions de Scheut qui enlevèrent toute trace d’activité industrielle.  Au cours du démontage un incendie détruisit le bâtiment principal l’ancien dortoir et réfectoire de moines.  Ils construisirent alors un bâtiment de 80 chambres à l’emplacement des anciens continus.

 

1978  Une coopérative créée à cet effet rachète le domaine aux Pères des Missions de Scheut et entreprend la restauration du site.

 

1985  Le bâtiment construit en 1960 par les Pères des Missions de Scheut est vendu à la Communauté Française qui le cède plus tard à promoteur immobilier. 

 

Ce bâtiment est transformé en 2000 en appartements.

 

Patrimoine de l'abbaye

Les revenus de l'abbaye selon les estimations des commissaires désignés à l'occasion de la désignation du nouvel abbé en 1783, étaient de 38.808 florins dont 2194 en terres à l'époque française. Les dépenses s'élevaient à 38.724, ce qui représente un boni de 83 florins qui fut accepté par les commissaires.

A cette époque, il n'était rendu de comptabilité à l'abbé que tous les trois ans.

Le domaine de Saint-Denis au 18ème siècle (sur base des états dressés aux élections abbatiales de 1726-1773 et 1783 ainsi que celui qui fut établi sur ordre de Joseph II en 1787) était assez étendu.

La plupart des biens étaient des possessions déjà fort anciennes (dès le 14ème siècle, voire dans les décennies de sa fondation).

En Hainaut autrichien, on peut citer les seigneuries et terres de Saint-Denis, du village d'Obourg, la seigneurie de la Saisinnes sur Thieusies et de Boulignies sur Brugelette. Dans le Hainaut français, citons la seigneurie et terres d'Obrechies près de Maubeuge.

Il y avait également des droits de cense à Saint-Denis, Obourg, Saisinnes, Boulignies, Houdeng-Goegnies, Havré, Gottignies, Ghislage, Ville-sur-Haine, Thieu, Maurage, Bracquegnies, Boussoit, Thieusies, Casteau, Soignies, Masnuy-Saint-Jean, Montignies-lez-Lens, Herchies, Nimy, Maisières, Mons, Grossage, Lembeek en Brabant, Estinnes, Péronnes, Naast, Hove(s), Petit-Enghien et en France, Obrechies. Ces droits de cense rapportaient 654 florins (la 46ème partie des revenus). Depuis 1786, l 'abbaye touchait également un droit de "entrecens" sur l'exploitation de houille à Saint-Denis, (vraisemblablement de la " société charbonnière d'Havré, Obourg, Saint-Denis", créée les 23 août et 23 septembre 1784) et de la "société de Saint-Denis à Obourg" créée le 1er février 1786.

L'abbaye de Saint-Denis percevait aussi l'entrecens sur la société du Grand Conduit et du Charbonnage de Houdeng créée en 1685. C 'est la doyenne des compagnies houillères du levant de Mons (x).

Elle y avait droit à "1/6 du gros sauf gaillette, en plus une charrée de charbon".

L'abbaye de Saint-Denis percevait aussi de grosses ou menues dîmes à Saint-Denis, Obourg, Obrechies, Bierges, Boussoit, Casteau, Dergneau, Enghien, Ottignies, Houdeng et Goegnies, Hoves, Lembeek, Maurage, Montignies, Neufvilles, Petit-Enghien, Quévy, Quenast, Thieux, Ville-sur-Haine, Graty, Naast, Havré, Saint-Sauveur (France), Masnuy-Saint-Pierre, Péronnes et Ghislage. Les dîmes représentaient 2/3 de l'ensemble des revenus soit 20.459 florins (deBrabant) sur 30.122 en 1787 : c'était d'ailleurs la moyenne des 10 dernières années.

Saint-Denis avait aussi la mouvance sur 60 fiefs qui lui rapportaient 101 florins.

L'abbaye possédait en pleine propriété des immeubles d'habitations, des fermes ou censes, des terres, des prés et pâturages, des houblonnières, des moulins à eau (situation en 1787) :

a). tout d'abord, l'enclos de l'abbaye (monastère, église, infirmerie, cour, jardins, soit 12 ha (xx). Elle exploitait directement 43 ha de terres et 29 ha de prés ou pâturages et 22 ha de bois. Sur Mons (intra-muros), citons le refuge de l'abbaye de Saint-Denis, à l'angle des rues de Houdain et Grande Triperie) y compris les trois habitations données à bail ;

b). les fermes :

- sur Saint-Denis :

"la ferme de la Basse Cour " (achevée en 1780). Elle servait à l'alimentation directe de l'abbaye ;

"ferme de la Haute Maison ou Haute folie" ( 87 ha ) ;

- sur Obourg : "cense de Warton" 12 ha - peu rentable ; "cense du Tordoir" 82 ha de terre et 9 ha de pré ; "cour des Dames" : y compris les houblonnières - 22 ha ;

- sur la Saisinne : "cense de Thieudonsart" sous Casteau ;

"cense d'Hubert-Fosse" sous Thieusies - 80 ha de terres et 13 ha de prés ;

- sur Ville-sur-Haine : "cense dite de Wildevanche" 53 ha de terres - 50 ha de prés ;

- sur Goegnies : "terre de l'Ecaillemont" : 46 bonniers de terres et pâturages.

Dans le Hainaut français à Obrechies, Semeries, Honin, Saint-Sauveur, ... .

Ces fermes étaient affermées par bail de 9 ans et restaient, en principe, dans les mêmes familles. L'abbaye de Saint-Denis n'exploitait par elle-même que la "Basse-cour".

c. Les moulins

- à Saint-Denis : moulins à eau à moudre le grain et brasserie, situé près de l'enclos. Il est encore visible actuellement ;

- moulin de la Vallée aux confins du village de Saint-Denis, moulin à tordre (tordoir) l'huile (Evrard l'occupait et étant créancier de l'abbaye de Saint-Denis, celle-ci, ne pouvant le rembourser, l'autorisa à acquérir le bien comme bien national, de tels cas furent fréquents en cette période) ;

- Obrechies (France) moulin à blé ;

d. Les viviers

Etangs dans l'enclos ( 18 ha ) exploités directement, notamment en raison de la rigueur des carêmes et des jours d'abstinence ainsi que 7 viviers sur les Bruyères et 1 à Warton ;

e. Brasserie

A côté du moulin à eau de Saint-Denis, 24 brassins par an ;

f. Bois

Sur Obourg Saint-Denis : 372 ha . Cela représentait le droit de pacage pour le bétail des habitants de Saint-Denis, la raspe vendue par criée et les futaies utilisées, notamment par l'abbaye de Saint-Denis pour ses constructions importantes, par exemple vers 1787 pour la réfection de la Basse-cour. La vente extérieure avait rapporté sur 10 ans, 12.006 florins. L'ensemble rapportait plus ou moins 3.000 florins annuels.

Au total, en 1787, l 'abbaye de Saint-Denis possédait 1573 ha dont 1200 ha de terres et 373 ha de bois auxquels s'ajoutaient 42 ha de bois à Obrechies.

 En 1787, les dépenses annuelle de 33.503 florins comprenant notamment la charge des religieux (21 à 1000 florins l'unité, soit 21.OOO florins (16/20 des dépenses). Le reste était constitué (*) par les frais du portier, du personnel d'entretien, des avocats (1375 florins) des dépenses pieuses (1439 florins) et des frais d'élection après vacances de crosse (2.034 florins).

Pour 1785, on constate un mali de 1.062 florins alors qu'en 1783, c'était un boni de 83 florins et en 1726, un boni de 6.113 florins. Le mali de 1785 s'explique peut-être par la crainte de taxation imposée par l'empereur Joseph II mais aussi par les grands travaux de remise à neuf de fermes, d'églises et de l'abbaye elle-même ainsi qu'aux pensions imposes par le pouvoir (impérial ± 4.000 florins). La situation était donc fondamentalement saine d'autant plus que n'entrait pas dans la comptabilité l'auto-consommation puisque l'abbaye vivait quasiment en autarcie que ce soit pour la nourriture, le houblon, le bois, l'huile de colza, le papier, voire le charbon (**).

Il y avait un personnel important à l'abbaye :

- receveur et employés subalternes

- domestiques nombreux

- à la ferme : directeur de basse-cour, des servantes, un dîneur, des bergers, des porchers, un charron, un potier, des ouvriers de moisson.

Les moines de l'abbaye au XVIIIème siècle

 A la fin du 18ème siècle, l'abbaye de Saint-Denis comprenait 21 bénédictins (surtout originaires du Hainaut) dont l'abbé, ce qui n'était pas moins qu'auparavant. Au date de vacance de crosses, il restait par exemple, en 1645 : 19 moines, en 1726 : 19 moines, en 1745 : 21 moines et en 1773 : 21 moines). A titre de comparaison, durant la même période, l'abbaye de Lobbes comprenait le double de moines. La liste des moines en 1783 montre que le recrutement était assez régional.

Voici pour finir la liste des comparants (3 absents) du 5 décembre 1783 lors de l'élection de l'abbé ALAVOINE :

GHEU natif de Frasnes-lez-Buisenal 70 ans

DUBOIS Ath 48 ans (sous prieur)

YPPERSIELLE Fontaine l'Evêque 70 ans

LESAGE Saint-Ghislain 69 ans

DEPLANCQ Estinnes 68 ans

DUWEZ Péruwelz 53 ans

ECREPONT Templeuve 54 ans

PICHELLE Hyon 45 ans

ALAVOINE Pommeroeul 45 ans (abbé élu)

GENVA Onnezies 38 ans (futur abbé)

OUVERLAU Neufvilles 40 ans

BOTTE (gage) 39 ans

SCOUMANNE Estrepé 41 ans

LISSE Feluy 35 ans

CANTINEAU Ath 33 ans

BOTTE Soignies 33 ans

DEBAY Herchies 27 ans

PETIT Neufvilles 28 ans

 L'histoire des dernières années de l'abbaye de Saint-Denis peut se résumer dans celle de ses derniers Abbés.

1081 - 1100 MARTIN.  Moine de St Vincent à Laon puis passé avec St Gérard  à Sauvemajeure. Participa en 1095 au Concile de Clermont (Urbain II), nécrologue 17 juin.

1100 - 1119 HERIBERT Il assista au Concile de Reims en 1119 (Calixte II). En 1119 également, il obtint de l'évêque Burchard les autels de Houdeng, Goegnies et Lembecq; nécrologue : 27 octobre.

1119 - 1143(ou 1144) BAUDOUIN succéda à Héribert dès le 18 novembre 1119. Il obtint  du pape Calixte II, une bulle confirmant l'abbaye dans ses possessions. Gaspar VINCQ,sur la foi de Sigebert de Gembloux, raconte qu'un incendie dévasta le monastère et le village à l'exception du trésor et de la bibliothèque le 26 août 1128, et à nouveau en 1136 avec destruction complète. Nécrologue : 31 août.

1144 - 1148 SIMON alias BERTRAND. (x)

1148 - 1170 ARNULPHE ou  ARNOULD selon BERLIERE; il figure dans des actes entre 1149 et 1170 (nécrologue  : 29 décembre).

1171 - 1187 GERVAIS; figure dans des actes entre 1172 et 1186 (nécrologue : 16 novembre).

1187 - 1192 GERARD, cité dans une chartre de novembre 1183 et dans un , acte de 1188, nécrologue : 20 novembre.

1192 - 1207 BARTHELEMY, intervient comme abbé dans des actes entre 1193 et 1199. Inquiété par les vexations d'un certain Raimond, envahisseur d'abbayes (St-Vaast d'Arras, St-Denis,...), il aurait abdiqué en 1207 (nécrologue 22 février).

1207 - 1235 MARCEL, cité comme abbé entre 1207 et 1235. En 1231, il assista à la consécration de l'Eglise abbatiale de la Sauve-Majeure ; le 25 août 1231, il renouvela le serment d'obédience à cette abbaye. Nécrologue : 6 novembre.

1235 - 1238 JEAN, cité comme abbé en 1236. Nécrologue : 9 juillet.

1238 - 1252 PIERRE (premier usage d'un sceau personnel de l'Abbé). Fut élu abbé sans que l'abbaye de SauveMajeure fut prévenue de la mort de son prédécesseur. Il fut béni par l'Evêque de Cambrai. Lors de son élection, il y avait 22 prêtres et 2 diacres à) Saint-Denis. Son élection fut cassée par SauveMajeure d'où un arbitrage et une nouvelle convention entre ces deux abbayes. Nécrologue : 14 novembre.

1252 - 1263 ANDRE dit de Lens, nécrologue : 30 août.

1263 - 1266 AUGUSTIN (quitta sa charge en 1266 pour devenir abbé de Saint-Amand de 1267 à 1283). Cité dans un acte de septembre 1265. Nécrologue : 30 décembre.

1266 - 1275 GILLES, cité dans des actes d'août 1269 et de janvier 1275. Nécrologue : 26 octobre.

1275 - 1300 (ou 1301) GUILLAUME MOULINIAU; signe des actes entre le 1 janvier 1277 et le 2 août 1299. Nécrologue : 12 février (1300 ou 1301).

1301 - 1304 GUILLAUME de la LOING (le Long), cité en avril 1300, abdiqua en faveur de Jacques de Mons et mourut le 25 avril 1314

1304 - 1312 JACQUES du MORTIER dit de Mons (partie de sa dalle funéraire aurait été trouvée dans le parc de l'Abbaye). Actes entre le 22 octobre 1305 et novembre 1311. Nécrologue : 19 avril (1312).

1312 - 1319 GILLES alias WAUTIER de BIAUMETIAUL (aurait démissionné), assista à la translation des reliques de Ste-Waudru le 13 août 1313, cité dans des actes entre 1315 et 1318, nécrologue : 31 décembre (1319).

1319 - 1331 THIERRY du MORTIER dit de Neufvilles, établit une Confraternité de prières avec l'abbaye de Saint-Ghislain, cité dans des actes entre le 21 juin 1322 et 1329. Nécrologue : 17 avril (1331)

1331 - 1348 ARNOULD de BAULIGNIES ou Baulenghien, abdiqua en août 1348 (mourut le 1 janvier 1359).  Cité dans des actes entre le 7 novembre 1332 et 1346. Il fit déclaration des biens de l'abbaye à la suite de la visite canonique de l'abbé de St-Germain d'Auxerre.

1348 - 1373 JEAN de le MOTTE (DELMOTTE) dit d'Enghien, élu en août 1348, installé le 23 septembre 1348. Un problème fut soulevé à propos de son élection l'année suivante, il fit appel au pape (Clément VI) qui le confirma le 14 mai 1352. Cité dans des actes entre 1359 et 1372. Il abdiqua en 1373 et mourut le 28 mai 1376.

1374 - 1393 NICOLAS de MONTIGNY, confirmé par le pape Grégoire XI en 1374, cité dans des actes entre 1380 et 1389. Mourut le 24 octobre 1392 (ou 1393).

1394 - 1397 JACQUES HOLLANDT dit de Nivelles,(ou Jacques de Nivelles de Hollande), béni au début 1394, mourut le 1 février 1397.

1397 - 1413 JEAN de MONTIGNY (neveu de Nicolas), élu en février 1397 (peu après son ordination sacerdotale), actes entre 1397 et 1411, mourut le 20 novembre 1413.

1413 - 1417 DANIEL CHAUVEZ (ou CHAUWET), mourut le 12 septembre 1417.

1417 - 1445 GUILLAUME d'ASSONLEVILLE, cité entre 1420 et 1429. Il racheta en 1424, au prix de 500 couronnes d'or, le droit de juridiction de SauveMajeure. Mourut le 6 avril 1445.

1445 - 1469 RASSE d'ASSONLEVILLE (neveu du précédent), fut installé en 1145, cité dans des actes des 5 et 9 mai 1445, mourut le 7 octobre 1469.

1469 (ou 1481) - 1484 SIGER de PASTURE alias de PASTURAGE ; élu par les moines en 1469, il n'obtint confirmation qu'en 1481, le pape ayant d'office les trois abbés commendataires ci-après; entretemps il fut vicaire). Après l'abdication de Henry de Berghes, Philibert de Macon rentra dans ses droits, mais il s'en désista au profit de Siger qui reçut sa bulle de confirmation le 3 août 1481 et fut béni à Rome par Benoît, archevêque de Mitilène en l'Eglise St-Triphon. Mourut en 1484  

[Trois abbés commendataires bourguignons de cour qui ne furent pas admis par les moines, ils ne figurent pas au nécrologue de Saint-Denis]

1469 - 1472 FERRY de CLUGNY, protonotaire apostolique, conseiller du Duc de Bourgogne, fut pourvu de la commende de Saint-Denis par un bref de Paul II (18 décembre 1469). Trois ans plus tard, il abandonna St Denis pour l'Evêché de Tournai au profit de Philibert de macon.) 

1472 - 1477 PHILIBERT de MACON (se désista en 1477 pour HENRI de  BERGHES auquel il succéda à nouveau en 1480-1481). Cardinal du titre de Ste Lucie puis de St Jean et Paul

1477 - 1480 HENRY de BERGHES, protonotaire  apostolique  et chanoine de Liège, installé le 3 mai 1477, puis nommé à l'Evêché de Cambrai en 1480,  redevint abbé de Saint-Denis à la mort de SIGER de PASTURE en 1487, mais s'en désista moyennant pension de 600Fl. Mourut le 7 octobre 1502. 

1487 - 1511 JEAN le FORT (xx), élu abbé en 1487. L 'année suivante, l'Abbé de Saint-Ghislain (Quentin BENOIT) fut mandé par l'Evêque de cambrai pour effectuer une visite canonique à Saint-Denis où la discipline s'était relâchée. Les usages de Brusfeld y furent introduit à cette occasion. Jean LEFORT mourut le 20 décembre 1511

1511 - 1519 GILLES CAMBIER, élu le 21 décembre 1511, abdiqua en 1519 et mourut le 4 mars 1531.

1519 - 1545 JEAN DORIMONT (ses armoiries ont été données à la commune d'Obourg), il obtint de désigner son neveu (voir ci-dessous) comme coadjuteur le 3 août 1535 (lettres patentes du 19 juin 1536), il mourut le 23 avril 1545. (xx)

1545 - 1571 FRANCOIS de BEHAULT (xx), neveu du précédent, désigné coadjuteur en 1535, il n'avait que 21 ans et n'était que diacre. Il fut ordonné prêtre avec dispense d'âge peu de temps après. Il succéda à son oncle en 1545 et mourut le 11 mai 1571. Il suivit les statuts de Louis de Blois à l'abbaye de Liessies. Supérieur faible, selon BERLIERE, le nombre de religieux tomba à 11 et la discipline se relâcha à nouveau. Philippe II, Roi d'Espagne, fut conduit à rappeler l'abbé à l'observance de la règle. Maximilien de Berghes, à la suite de la visite à Saint-Denis de son suffragant (le prieur des Carmes de Bruxelles) publia en 4 août 1563 des statuts de réforme.

1571 - 1602 PIERRE ROLLIER(xx), cousin du précédent et neveu de Jean DORIMONT, élu le 13 juillet 1571. Il représente le record de durée. Il mourut le 3 décembre 1602. En 1572, l 'abbaye fut pillée par les soldats de la garnison de Mons. En 1578, le prieur de Saint-Denis et deux moines furent chargés de la préceptorie de St-Antoine en Barbefosse (bois d'Havré) mais en 1587 elle fut cédée aux Jésuites. De 1579 à 1583, les allemands et les gueux forcèrent plusieurs fois les religieux à se retirer à Mons.

1602 - 1612 JEAN DESCAMPS (xx), abbé le 24 décembre 1602, il mourut le 25 décembre (juin dans l'obituaire de Soleimont) 1612.

1613 - 1623 HENRI de BUZE(I)GNIES, d'une famille noble de Mons, abbé en 1606 à l'abbaye St-Adrien de Grammont. Il mit en chantier la réforme et composa des constitutions basées sur celles de St-Vannes qu'il fit approuver par l'Evêque de Cambrai et imprimer en 1620. Le 22 novembre 1622, il obtint la communication des privilèges du Mont-Cassin. Il mourut le 24 septembre 1623. Sa réforme perdura grâce à l'appui des moines de Saint-Denis et malgré des oppositions externes dont l'Archevêché de Cambrai.   (xx)

1624 - 1643 GASPARD VINCQ, né à Vaux, le 5 janvier 1575, il entra à l'abbaye de Grammont  en 1599 où il succéda à Henri de BUZIGNIES en 1613. Nommé à Saint-Denis le 27 février 1624, il y introduisit la réforme dite de Lorraine (1625) et travailla à l'érection de la Congrégation de la Présentation Notre-Dame (de 1628 à 1653 comprenant Saint-Denis, Grammont, Afflighem et Saint-Ghislain). Il établit à Saint-Denis des cours de théologie et de philosophie. En 1628, débuta la construction de l'église achevée en 1640. Le 6 novembre 1643, il fut nommé à l'abbaye de Saint-Pierre à Gand, qui avait aussi besoin de réformes. Il ne put s'y imposer et refusa d'être nommé à Saint-Ghislain. Finalement, il abandonna Gand et  se retira à Saint-Denis, où il rédigea sa chronique de l'abbaye,  puis à Afflighem et mourut à Bruxelles le 24 mars 1659. Il fut enterré à Saint-denis le 5 avril 1659.

1646 - 1669 MARTIN GOUFFARD , né à Marche le 9 mars 1607, il passa par St. Bertin puis fut nommé à Saint-Denis le 18 juin 1645 (lettres patentes du 25 janvier 1646).Accusé parfois de jansénisme (est-ce à cause de ses positions contre les Jésuites se demande BERLIERE ?), il rédigea un journal (1645-1667) et une intéressante correspondance avec Mère Jeanne de St-Mathieu (Poperinghe). Il mourut le 5 octobre 1669.

1469 - 1675 THOMAS BIZE d'Arras, élu le 30 décembre 1669 (lettres patentes du 18 juin 1670). Vingt religieux prirent part à son élection. Il mourut le 8 juin 1674.

1676 - 1698 JEAN de SAINT-GHISLAIN, moine à Saint-Ghislain (à 22 ans), élu à Saint-Denis en 1675 par17 religieux et nommé le 10 janvier 1676. Lors du vote,  Walbert du Verbois émit quelques réserve estimant qu'il se trouvait au moment de son élection à Afflighem en froid avec son abbé de Saint-Ghislain. Il mourut le 13 février 1698. Il connut donc la bataille de St Denis en août 1678

1698 - 1726 ANDRE TOURNEUR, né en 1655 à Tirlemont, vêtu à 24 ans, prêtre le 16 mai 1685, élu le 28 février 1698 (lettres patentes du 20 mai 1698), 20 religieux prirent part à son élection. Il mourut subitement, durant la messe, le 15 juin 1726.

1726 - 1739 PAUL FASSEAU, fut baptisé sous le prénom de Philippe à Villers-Sire-Nicole le 8 novembre 1673. Elu abbé de Saint-Denis le 6 juillet 1726 (lettres patentes du 20 juillet 1726), il mourut le 19 septembre 1739.

1739 - 1744 ELEUTHERE MARTIN, ne en 1675 à Forest (Chatellenie d'Ath), élu à Saint-Denis le 12 octobre 1739 (lettres patentes du 24 novembre 1739), il décéda le 19 décembre 1744.

1745 - 1773 JOSEPH MOTTE de Macon, né en 1697, élu en 1745 (lettres patentes du 3 mars 1745), il mourut le 18 février 1773.

1773 - 1783 AMBROISE RENARD, né en 1735 à Beugnies, élu en 1773 (lettres patentes du 20 octobre 1773), 21 religieux prirent part à son élection. Il mourut le 26 septembre 1783.

1784 - 1801 BENOIT ALAVOINE (45ème  abbé), natif de Pommeroeul (1738), élu en 1783 (lettres patentes du 3 avril 1784), joua un rôle religieux et politique non négligeable. L'abbaye fut vendue comme bien national dès 1796.

(1802 - 1832) Robert GENVA (xxx)

 

Vente de l'abbaye

Le 11 février 1798 à 10 heures du matin dans la ville de Mons, les administrateurs du département de Jemmapes, accompagnés du citoyen DENEUFCOURT, commissaire du Directoire, mettaient aux enchères "la ci-devant abbaye de Saint-Denis en Brocqueroie ". 

Les offres furent provoquées sur le 3/4 de l'estimation de la valeur de 1790 ( 170.000 F ) soit des enchères au départ de 127.500 F . . Personne ne se présenta pour enchérir. Une seconde séance fut organisée le 21 février 1798. Il fut offert 127.500 F . par le citoyen PLUVIEU et brusquement, une somme de 3.000.000 par le citoyen BOULLAND, homme de loi à Mons durant le premier feu de cette seconde séance. On alluma un second feu mais il n'y eut plus d'enchère. 

Une troisième séance fut décidée pour l'adjudication définitive pour le 3 mars 1798 avec des réserves sur l'enchère BOULLAND. Le 3 mars 1798, BOULLAND offrit 4.060.000, puis 5 millions, prix auquel l'abbaye avec son enclos, ses murailles, sa "Basse-cour" lui fut adjugée. Toutefois, derrière lui se cachait Constant Fidèle DUVAL, qui fut en fait le premier acquéreur de l'abbaye de Saint-Denis.

Ce personnage était le baron, Jean Constant Fidèle du VAL, né à Leuze le 9 avril 1751, licencié en droit, député sous l'Ancien Régime, (aux Etats du Hainaut). Il avait été créé baron le 23 janvier 1792 (par l'empereur Léopold) et prit comme devise : FIDELITATI. Il fut maire de Mons de 1800 à 1815 et Napoléon le créa Comte du Val de Beaulieu, le 12 novembre 1809. Il acquit également la maison des Dominicains (aujourd'hui les Jésuites) où il espéra en vain recevoir l'Empereur.

Contrairement à d'autres abbayes et biens nationaux, celle de Saint-Denis passa indemne aux mains de son acquéreur. C'est après sa vente que l'église fut démolie ainsi que d'autres bâtiments. On se demande ce que sont devenues les nombreuses oeuvres d'art dont on disait que l'abbatiale regorgeait.

DUVAL acquit donc également la ferme de la "Basse-cour" ( 88 ha ), le moulin, la brasserie et les étangs.

A la fermeture de l'abbaye (1796, sa mise en vente), la plupart des moines retournèrent dans leur village natal et reprirent après le concordat entre l'Eglise et l'Empereur, une activité dans le clergé séculier. Un seul accepta de prêter le serment constitutionnel. Il s'agit de Brouwet de Blaton, qui finira à Binche après avoir passé une partie de sa vie dans un monastère trappiste.

Aucun des moines ne se servit des bons de retraite qui leur avaient été remis à leur sortie et ne chercha à acquérir des bains nationaux, contrairement à ceux d'autres abbayes hennuyères (bons de retraite de 15.000 F . par moine et de 5.000 F . pour les convers).

 

 Saint-Denis Aujourd'hui