Havre est un village situé à une lieue trois quarts E. de Mons et auquel se rattachent de nombreux souvenirs historiques, à cause surtout de son ancien château.
 

Havre est un village situé à une lieue trois quarts E. de Mons et auquel se rattachent de nombreux souvenirs historiques, à cause surtout de son ancien château.
Vers le XIIe siècle, cette terre fut cédée par le comte de Hainaut à son châtelain de Mons , pour être maintenue par tous ceux qui rempliraient cette charge héréditaire. En 1102, Henri, châtelain de Mons et seigneur d'Havre, fil un accord avec l'abbé de Saint-Denis-en-Brocqueroye, sous l'agréation du comte, au sujet de la coupe des arbres de sa forêt. La seigneurie d'Havre comprenait, outre la châtellenie de Mons et ce qui en dépendait (le Béguinage et la Guérile) , Havre, Ghislage et Beaulieu , et sept autres villages à clocher, savoir : Ghlin , Goegnies-Chaussée , Havay, Ihy , Biévène, Acren et Everbccq. Celle seigneurie, d'abord baronnie, fut érigée par Philippe II en marquisat, Elle appartint successivement aux maisons d'Havre , d'Enghien , d'Harconrt, de Dunois-Longueville et de Croy '.
L'écu des armes d'Havre portait : gironné d'or et de gueules de dix, ayant sur chaque giron de gueules trois croix recroisées d'or. Ces armes ne différaient de celles d'Enghien que par les couleurs.

LE CHARBONNAGE D’HAVRE 

Au vu des résultats des sondages pratiqués entre 1857 et 1863, on décida d’établir à l’est d’Havré un siège d’exploitation constitué de deux puits d’extraction et d’un puits d’aérage et d’exhausse distants d’une cinquantaine de mètres les uns des autres.

Les travaux de fonçage des trois puits commencèrent en 1864.  Ils purent s’effectuer à niveau vide jusque -24, 25m, mais il fallut, en 1867, passer à la méthode niveau plein, au moyen de trépans.  A la profondeur moyenne de 200m, on pénétra enfin dans un terrain consistant.  On sortit des « morts terrains » aux trois puits en 1878, le terrain houiller fut atteint à la profondeur de 215m.  Le siège put être considéré en exploitation à partir de 1882.  Des étages furent établis à -330 m et à -400m.  D’autres étages furent établis à -540m en 1896 et à -635m au niveau du fond en 1919. En 1928, un grand bouveau fut percé vers le sud qui rejoignit le puits Léopold de Beaulieu.  La distance entre le puits n°1 et le Puits Léopold était de 2789metres.  Ce siège fut fermé en 1934.

 

LES FOURS A COKE

 

La société de Bois du Luc fit construire par la société Solvay 75 fours à coke avec récupération des sous produits (ammoniaque, goudron, naphtaline), les premiers fours du genre établis en Belgique.

En 1888 on y érigea une nouvelle batterie de 25 fours.

La production de coke à Havré et Bois du Luc dans les 206 fours atteignait en 1915, 570 tonnes par jour.

La fabrication du coke fut arrêtée complètement à Havre en 1927. 

 

L’USINE SOLVAY

 

La création de l’usine remonte à 1885, elle était une adjonction à la première batterie de fours à coke « Semet-Solvay » équipée d’une récupération de sous produits.

Au début, la matière première à traiter se limitait à la production des fours du charbonnage d’Havré.  En 1910, la distillerie de goudron est mise en service.

L’usine centralise le traitement d’autres fours à coke de plus en plus nombreux, si bien qu’en 1927, l’arrêt des fours d’Havré n’affecte en rien son existence.

En 1927, l’usine va s’occuper exclusivement du traitement des benzols, des goudrons et de leurs sous produits.

En 1928, la fusion de la société « Semet-Solvay et Piette », dont l’usine fait partie, et de trois autres sociétés, donne naissance à l’Union Chimique Belge.

Fin 1942, un incendie détruisit une partie essentielle de la distillerie primaire des goudrons.

En 1946, fut démarrée une nouvelle distillerie continue des goudrons par pipe-still, système « Shaetwell ».

En 1947, construction d’un atelier de rectification des phénols.

En 1961, la firme « Speichim » construit une distillerie de benzol.

En 1976, une installation de purification de naphtaline est démarrée.

En 1978, arrêt du traitement des goudrons.

L’usine qui occupait plus de 200 personnes de 1930 à 1945 et 160 en 1966 ferma ses portes le 31 mars 1984.

 

LA CIMENTERIE

 

 La cimenterie a été mise en activité en 1885 et elle a été remplacée en 1908 par la « Gobeleterie Doyen ».

 

LA VERRERIE

 

 Les Verreries et Gobeleteries Doyen furent créée a l’initiative de Jean-Baptiste Doyen en 1908.  A sa mort en 1918, son fils Gaston lui succède jusqu’à son décès en 1926.  Madame Gaston Doyen est nommée à la présidence du conseil d’administration.  L ’usine connaît un nouveau départ, la seconde guerre mondiale paralyse le rythme de la production.  En 1947, décès de Madame Doyen. Son fils Pol Doyen devient directeur général en 1952.

Les  produits de la société sont les articles unis, taillés, guillochés, pantographies.  Ses spécialités sont les services de table.  L’usine possède des ateliers spéciaux pour gravure chimique.

Le 28 juin 1968, les verreries Doyen et de Boussu mettent leur activités en commun et forment la S.A. Manubelvere.  D’autres sociétés viennent s’ajouter: les S.A. Verrerie de Rupel à Boom et Verrerie Nouvelle à Manage.  Elles ont travaillés en respectant mutuellement leurs marques.  La S.A. Manubelvere a cessé ses activités en août 1975, une partie du personnel d’Havré a été repris par les Verreries du Hainaut à Manage.

 

LA POUDRERIE

 

 La S.A. Explosifs d’Havré fut constituée le 7 mars 1925 au capital de 800 000 francs.

Ses produits sont les explosifs brisant pour mines et travaux publics.

Ses spécialités sont la « centralite » extra brisante et progressive, la centralite S.G.P. gainée et non gainés de sécurité en présence du grisou et des poussières, amorces et détonateurs électriques pour tirs simultanés. Elle fabriquera aussi des balles et cartouches de 6 et 9 millimètres.

L’usine fermera en 1958.

 

LA CHAPELLE DE BON-VOULOIR 

 L’origine de la chapelle de Bon-Vouloir, remonte au début du XVIIe siècle.  Une statue de la Vierge était posée sur un vieux tilleul où les habitants d’Havré et des alentours souffrant, d’une affection corporelle venaient implorer la Vierge.  On songea alors, à ériger une chapelle en ce lieu.

La construction de la chapelle de Bon-Vouloir débuta le 22 mai 1625 grâce à la générosité de la maison de Croÿ-Havré.  Elle fut consacrée le 15 août 1632 par l’archevêque de Cambrai.

L’autel en marbre rouge et noir de style Renaissance fut offert par l’Infante Isabelle Gouvernante des Pays-Bas, lors de sa visite en 1631.  On y voit la statue de la Vierge posée contre le tronc du vieux tilleul qu’on a conservé dans ces murs.

La chapelle de Bon-Vouloir sert de sépulture aux membres de la famille de Croÿ.

 

CHAPELLE St ANTOINE EN BARBEFOSSE

 

 Rentrés sains et saufs, ils reçurent l'autorisation du pape de fonder l'Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Antoine, un ordre plus proche de l'esprit chevaleresque que de l'idéal religieux, et qui n'avait rien à voir avec l'Ordre des Antonins.  Les chevaliers de Saint-Antoine souhaitaient s'installer à Mons mais personne n'accepta de les accueillir.  En 1362, alors que le Connétable de l'Ordre traversait le bois d'Havré, il découvrit une clairière entourée de ronces.  Avec l'appui de Gérard d'Havré, les chevaliers construisirent une petite chapelle flanquée d'une chambrette pour y loger un ermite.  L'oratoire abritait un crucifix, une statue de la vierge et celle de Saint-Antoine.  Un Montois victime du "mal des Ardents" vint y prier et obtint la guérison.  Un charpentier de Gottignies connut là une grâce identique.

Durant la peste qui s'abattit sur la région de Mons en 1382, une foule accourut à l'oratoire et y laissa de nombreuses offrandes afin de bâtir une chapelle aux dimensions plus importantes.  Le seigneur d'Havré, Gérard d'Enghien, surnommé "le Barbe", et dont le pavillon de chasse se trouvait à proximité, donna son accord pour l'édification d'une chapelle nouvelle et on extraya du sol d'Havré les pierres nécessaires à cette construction.  En remerciement à Gérard d'Enghien, on appela la chapelle "Saint-Antoine-en-Barbefosse" (fosse car la chapelle se trouve dans un creux).

 L’AGRICULTURE 

Le village d’Havré etait exclusivement agricole au début du XIXe siècle.  On y cultivait principalement le houblon (109 hectares 66 ares en 1846).  A partir de cette époque, la culture du tabac commença à se développer. De 2 hectares 37 ares en 1846, elle était encore de 21 hectares 47 ares en 1946.  Un hectare produisait 29000 plants et 100 plants donnaient 5,9 kg de tabac séché.

Le tabac dit « tabac d’Obourg » était principalement cultivé à Havré.

En 1893:45 hectares à Havré.

22 hectares à Obourg.

10 hectares à St. Symphorien.

 

COMMUNALE et ECOLES COMMUNALES 

 En 1828, l’école des garçons était au rez de chaussée de la maison communale.

En 1845, une école de filles est installée à l’étage supérieur.

En 1891, on construit deux classes, en 1912, une école gardienne et un préau à Havré.

En 1926, on commence la construction des nouvelles écoles.

A Ghislage, on construit deux salles d’école en 1890 et une école gardienne en 1924.

 

ECOLES LIBRES

 

En 1848, les Sœurs Saintes Marie de Namur créent un couvent à Havré.  En mai 1849, elles ouvrent une école de filles.

En 1923, les écoles libres ont été rachetées par le charbonnage de Bois-du-Luc.

A la fermeture du siège de Beaulieu, monsieur le curé Agneessens racheta les bâtiments scolaires, assainit le site, créa une plaine de jeux.

Il existait aussi une section à Ghislage, mais les bâtiments furent rasés pour la construction du nouveau canal.

 

BEAULIEU

 Le château de Beaulieu est une demeure d’époque Empire sertie dans un parc anglais dont la plupart des arbres sont remarquables tant par leur feuillage que par leur rareté.

Il appartient aux De Meester de Heyndonck qui en héritèrent des comtes du Val de Beaulieu.

La chapelle romane dédiée à Saint-Jacques est citée depuis 1212.  Elle fut restaurée vers 1890 et sert de sépulture aux propriétaires de Beaulieu.

 

CHAPELLE St JACQUES A BEAULIEU

 

 Construction en moellons, de forme parallépipédique, à laquelle on a ajouté une sacristie au siècle dernier.  La porte d’entrée de la chapelle est précédée d’un porche appuyé sur des colonnes à chapiteaux romans.  Il semble que ce porche a été ajouté à la restauration.  Au dessus de la porte d’entrée chronogramme rappelant la date de fondation de la chapelle (1212).

Dans les murs petites fenêtres garnies de vitraux modernes aux armes des Duval et des familles alliées.

On voit encore dans les murs les traces de deux anciennes fenêtres qui étaient plus grandes que les fenêtres actuelles.  Sous la chapelle on a installé le caveau de la famille Duval de Beaulieu.  A l’intérieur au long des murs, boiseries en chêne, ornées de statues provenant des dominicains de Mons.  L’hôtel des Duval à Mons (actuellement collège des Jésuites) a été construit à la place du couvent des Dominicains.  On y voit un curieux bénitier en pierre et une grande statue en bois représentant la vierge, qui se trouvait auparavant à l’Abbaye de St Denis en Broqueroie.  Sur l’autel, moderne malheureusement, beaux chandeliers empire en argent.  La pièce la plus intéressante de cette chapelle est un retable en pierre de France polychromé, datant de la fin du XVème siècle, début du XVIème siècle et ignoré de tous.  Il est regrettable que cet excellent retable hennuyer soit en si mauvais état actuellement.  Il est en effet, en partie, détruit par l’humidité.  Nous avons eu la chance de le « découvrir » au début de 1941.

 

LE SANATORIUM WAROCQUE

 

 

 

 En 1899, les docteurs Dewez, Herman, Dascotte, et M. Poltier installèrent dans le bois d ’Havré une « cure d’air », où l’on groupa les premiers tuberculeux, nourris sur place dans des installations de fortune, mais logés à l’hôpital de Mons, d’où ils étaient amenés le matin et ramenés le soir.

En 1904, la situation financière était désastreuse mais grâce à la presse hennuyère, une tombola fut organisée et rapporta 60 000 francs.  Un premier don de M. E. Solvay de 40 000 francs, un autre de 500.000 francs de M. R. Warocqué et l’intervention de la province pour 1.000.000 francs sauvèrent la situation.

En 1946, le sanatorium comptait 89 lits tous occupés et employait deux médecins, quatre infirmières et vingt-deux personnes d’entretient.  Pour la grande chirurgie pulmonaire le sanatorium établissait une liaison avec les différents centres chirurgicaux spécialisés du pays.

 

LE SANATORIUM WAROCQUE

 En 1960, un nouveau bâtiment plus moderne, construit sur le site, fut ouvert.

En 1975, du fait du manque de malades dut à la régression de la tuberculose, le sanatorium fut fermé.

Actuellement, le bâtiment a été aménagé en gériatrie et home pour personnes âgées.

Archives - Ligue Nationale Belge Contre La Tuberculose.

 

LE SANATORIUM EDITH CAVELL

Il fut fondé en 1919 par la section provinciale du Hainaut de la Ligue Nationale Belge Contre La Tuberculose, pour le traitement des femmes atteintes de bacillose pulmonaire.  A cette fin, une propriété de 9 hectares fut acquise dans le bois d’Havré, site connu pour sa salubrité et présentant l’avantage topographique de se trouver entre le Borinage et le Centre, à peu de distance du bassin de Charleroi et non loin du Tournaisi.

Le château de Saint Antoine aménagé en vue de sa nouvelle destination, recevait ses premiers malades en 1920.  L ’installation ne tarda pas a se révéler insuffisante et, en 1928, on inaugurait le bâtiment dit « de service ». 

L’accroissement du nombre de pensionnaires et les progrès de la thérapeutique phtisiologique exigèrent bientôt le remplacement du vieux château par une institution moderne.

Le premier coup de pioche fut donné le 1er octobre 1934, et le 1er mai 1937 le nouvel établissement était mis en service.  Sa capacité était de 125 lits et comportait deux étages de chambres à six lits sans vis a vis et un étage de chambres à un et trois lits, le tout surmonté par une galerie de cure desservie par des ascenseurs.

En 1946, 110 malades y étaient hospitalisés et deux médecins, un interne, huit infirmières et vingt-huit personnes d’entretient y étaient employées.

1960 - après la fermeture du dernier charbonnage, le village s'est endormi pour devenir un village dortoir pour les personnes qui vont travailler principalement à Bruxelles, Mons, Charleroi etc.

Dans le secteur tertiaire, Havré possède encore beaucoup de commerces, notamment un bureau de poste, quelques boulangeries et trois pharmacies.

 

 CHRONOLOGIE HISTORIQUE D’HAVRE

1072    - Bataille des mortes haies entre Richilde, comtesse de Hainaut et Robert le Frison, comte de Flandre.

1140    - Isaac, châtelain de Mons reçoit la terre d’Havré.

1186    - Première mentions d’une paroisse à Havré

1209    - Première mention d’un échevinage.

1212    - Construction de la chapelle Saint-Jacques à Beaulieu.

1305    - Fondation de la chapelle Notre-Dame à l’église d’Havré.

1365    - Destruction du village et du château par les Flamands.

1382    - Fondation de l’ordre des chevaliers de Saint-Antoine en Barbefosse.

1389    - De 1389 à 1408, construction de la chapelle de Saint-Antoine.

1415    - Le 24/08/1415, fondation du prieuré et hôpital de Barbefosse.

1425    - Siége du château par les Brabançons.

1518    - Les Croy obtiennent la terre d’Havré par échange avec la duchesse de Longueville.

1537    - Marie de Hongrie séjourne au château.

1569    - Construction du chœur de l’église.

1570    - Ambroise Paré séjourne au château.

1574    - Erection de la terre d ’Havré en marquisat.

1578    - En mars, siége du château, par les troupes de Don Juan d’Autriche, en 1juillet, par celles du duc d’Anjou.

1603    - Construction du Château d’Havré par Charles Alexandre de Croy.  La reconstruction de l’église Saint-Martin est terminée.

1625    - Le 22/05/1625, pose de la première pierre de la chapelle de Bon-Vouloir.

1627    - Erection de la terre d’Havré en Duché d’Havré.

1631    - En août, visite de l’Infante Isabelle et de Marie de Médicis à Bon-Vouloir.

1684    - Le 17/12/1684, fondation de la Confrérie du Saint-Sacrement.

1686    - Vers 1686, fondation de la confrérie, puis société royale de Saint-Sébastien.

1709    - Marlborough et le Prince Eugène, vainqueurs à Malplaquet, repassent au château d’Havré.

1732    - Construction de l’église de Ghislage.

1792    - Le 07/11, entrée des Français de Dumouriez après la victoire de Jemappes.

1842    - La route de Mons à Le Roeulx est ouverte à la circulation.

1850    - Le chemin de fer Mons-Manage est mis en service.

1855    - Le 30/04, naissance de Léon Fiévet, pionnier colonial.

1882    - Mise en exploitation de la première fosse à charbon à Havré (travaux depuis 1864).

1883    - Construction du Canal du Centre.

1890    - Installation du service des postes.

1911    - Installation du gaz et du tram à vapeur Mons-Havré.

1914    - Le 23/08, entrée des Allemands.

1918    - Le 11/11, entrée des Canadiens.

1920    - Le 14/09, Fête de la victoire et inauguration du monument aux morts.

1923    - Pose de la première pierre du charbonnage de Beaulieu.

1924    - Installation de l’eau potable et de l’électricité.

1940    - Le 19/05, entrée des Allemands.

1944    - Le 04/09, entrée des Américains.

1960    - Le 30/12, fermeture du charbonnage de Beaulieu. 

Source: Emile Poumon « Havré 1947 ».