Les seigneurs d'Havré

Havre est un village situé à une lieue trois quarts E. de Mons et auquel se rattachent de nombreux souvenirs historiques, à cause surtout de son ancien château.
Vers le XIIe siècle, cette terre fut cédée par le comte de Hainaut à son châtelain de Mons , pour être maintenue par tous ceux qui rempliraient cette charge héréditaire. En 1102, Henri, châtelain de Mons et seigneur d'Havre, fil un accord avec l'abbé de Saint-Denis-en-Brocqueroye, sous l'agréation du comte, au sujet de la coupe des arbres de sa forêt. La seigneurie d'Havre comprenait, outre la châtellenie de Mons et ce qui en dépendait (le Béguinage et la Guérile) , Havre, Ghislage et Beaulieu , et sept autres villages à clocher, savoir : Ghlin , Goegnies-Chaussée , Havay, Ihy , Biévène, Acren et Everbccq. Celle seigneurie, d'abord baronnie, fut érigée par Philippe II en marquisat, Elle appartint successivement aux maisons d'Havre , d'Enghien , d'Harconrt, de Dunois-Longueville et de Croy '.
L'écu des armes d'Havre portait : gironné d'or et de gueules de dix, ayant sur chaque giron de gueules trois croix recroisées d'or. Ces armes ne différaient de celles d'Enghien que par les couleurs.


Le CHATEAU D'HAVRE.


Le château d'Havre est aujourd'hui presque abandonné, à l'exception de la partie occupée par l'intendant et des bâtiments 1 La seigneurie d'Havre parvint à la famille de Croy par échange entre Philippe, comte de Portien, seigneur de Croy, chevalier de l'ordre rie la Toison d'or, chambellan de Charles -Quint, et la duchesse de Longueville. Cet échange fut agréé par Charles-Quint, en juillet 1518.

 

De la ferme. Une fois par an, de joyeux convives s'y rendent à un repas de chasse, après lequel le vieux manoir recouvre sa parfaite solitude.
Ce château a pourtant conservé un cachet féodal bien caractéristique et mériterait certes une restauration intelligente.
Du côté des prairies, il a un aspect tout à fait pittoresque qu'il doit particulièrement à son donjon, au chevet et à la flèche de sa jolie chapelle.
Le château d’Havre, tel qu'on le voit aujourd’hui, a été bâti en 1603 sur les ruines du précédent, que le duc d'Anjou avait pris et dévasté en 1578. Le prince Charles-Alexandre de Croy, marquis d'Havre, comte de Fontenoy, qui épousa Yolende de Ligne, fit faire celte reconstruction. Voilà pourquoi les devises de ce seigneur et de sa dame se trouvent répétées dans diverses salles du château : Je soustiendray Croy. — J'aideray Ligne.

 

Une vaste enceinte de murs enclôt le château avec la ferme, les prairies et les jardins qu'arrosé la Haine. Après avoir passé une longue allée, on arrive sur un pont flanqué de deux grosses tourelles peu élevées ' et qui servaient jadis de prisons. La façade du château longe la cour. De hautes fenêtres, une tour dite la Tour d'Enghien flanquée d'une tourelle que surmonte la double croix de Lorraine , des écussons aux armes de Croy-Solre , placés 1 Ces tourelles se terminent aujourd'hui par des plates-formes. Elles ont dû être plus élevées autrefois et encadrer une porte en maçonnerie qui a disparu, de même que le pont-levis. On voit dans le vestibule du château, encastrée dans la muraille, une petite pierre bleue, carrée, sur laquelle sont sculptés l'entrée d'un château, et derrière cette entrée un donjon. L'entrée est composée d'une porte cintrée, élevée sur trois marches, entourée d'un mur rustique et flanquée de deux jolies tourelles à toitures aiguës. Ces tourelles, de même que le donjon, sont surmontées de bannières. Au bas de la pierre dont il s’agit, sont gravés ces mots : CHATAV : D'HAVRE. M. Malbrun , intendant du château , nous a dit que rette pierre avait été trouvée dans une chapelle de l'église de St-Nicolas-en- Havre , à Mons , et qu'elle lui avait été donnée par M. Lebrun, brasseur en cette ville. Il serait curieux de savoir à quelle circonstance se rattachait son existence dans l'église de St-Nicolas-en-Havré.

Au-dessus des portes d’entrée, les supports de ces armes, qui sont deux sauvages armés de massues, servant de girouettes : voilà ce qu'offre de particulier cette façade à laquelle nous préférons celle opposée, dont nous publions le dessin. A l'intérieur, l'archéologue visite avec intérêt : la chapelle dont la voûte et les trois gracieuses fenêtres ogivales méritent une attention spéciale , et où l'on trouve encore la tribune des anciens seigneurs; puis, la cuisine avec sa vaste cheminée et ses voûtes à nervures, noircies par d'épaisses fumées séculaires ; enfin, les trois tourelles renfermant des escaliers qui donnent accès aux divers étages et qui sont situées auprès de la tour, contre la chapelle et à l'extrémité de la salle d'armes. Cette dernière salle, quoique fort délabrée, est encore très remarquable. Sa cheminée, en pierre de taille, est soutenue par deux colonnes doriques, cannelées. Sur le manteau de cette cheminée sont sculptés trois blasons portant les armoiries de Charles-Alexandre de Croy et de son épouse : celui du milieu est entouré du collier de l'ordre de la Toison d'or. Sous ces blasons, ou lit les devises : Je. sousliendray. Croi/. Sans. fin. Croy. 1603. Jijai/deray. Ligne.

Au bas de la cheminée est une plaque en fer de fonte, portant un autre blason, avec la devise :
layme qvi mayme. 1603. Aux extrémités des poutres du plafond et au-dessus des fenêtres, on voit, sculptées en bois et peintes, les armoiries avec leurs supports au naturel , des familles dont on lit les noms et parfois la devise : Croy, Châleaubriant, Bourbon, Renenbourc, Lallain, Wassenaer, Ligne, Sans fin Croy, Noeufchastel , Paleologue de Bissipal , Dompmartin , Lamarck , etc. Les supports sont des hommes sauvages, des lions et des cerfs.

Le reste du château n’offre, comme vestiges de sa splendeur d'autrefois, que quelques tableaux qui ne sont pas sans mérite et une foule de portraits de la famille seigneuriale , relégués dans une mansarde. Un poète, auquel nous avons déjà fait un emprunt à propos de la chapelle de Saint-Antoine-en-Barbefosse, a décrit le château d'Havre, en 1606. Ses vers donnent une très-bonne idée de ce que fut ce château. Nous les reproduisons en appendice. L'annaliste Vinchant (Ms., t. 2) parle d'une manière assez détaillée du château d'Havre, dont il fait remonter l'origine à une époque fort reculée. « Retournant au chasteau de Havre, dit-il, je trouve que son basliment est très-ancien , d'autant que d'iceluy est fait » mention au siècle 1000 , au tems de la bataille donnée en Brocqueroye1; qu'il fut prins par deux fois es guerres deBrabant, trois fois es guerres de Flandres, une fois es guerres de France, sous le duc de Bourgoigne , de sorte qu'après avoir esté ruiné par feu , les seigneurs de Croy le réparèrent ; mais que , depuis l'an 1579, à cause des troubles du pays et guerres intestines, il fut délaissé par les seigneurs , d'autant qu'ils estoient occupés aux affaires publiques, tellement qu'il fut gaslé, tanlost par les paysans, tantost par les garnisons, jusques à tant qu'après l'an .
1600,11 reprint son premier lustre sous le comte de Fontenoy, messire Charles-Alexandre , qui y fist bastir tout ce basliment que l'on voit estre soustenu de pilliers et arcures, et y fit • réparer tout ce que le temps , feu et guerre avoient ruiné. La structure du dil chasteau at de longueur environ trois cents pieds, 1 La bataille de Sainl-Denis en-Brocqueroye eut lieu en 1072, entre l'armée de Riehilde, comtesse de Haiiuut , et celle de Robert -le-Fiison , comte de Flandre.
Gérard , seigneur d'Havre , y portait le guidon de la comtesse Richilde. On conjecture que le champ de bataille fut à proximité du presbytère d'Havre, où l'abbaye de Saint- Denis possédait quelques biens qu'un appelait les Uonniers sanylanls et les Alvrten- Haies (Dumtlum mollis).

 

Contenant trois cstaiges l'un sur l’autre, avec tours bien mas- sonnées et eslevées, notamment celle qui se dict du nom  A'Enghien, avec pont magnifique. Il y a de l'eau à l'entour, • de largeur environ cent quatre-vingts pieds. La cour de dedans • at en longueur quatre-vingts pieds, en largeur septante. La • rivière de Hayne environne les jardins, lesquels sont embellis • de Heurs, herbaige, arbres, viviers et labyrintes, et entourés • de part et d'autre de hayes et portiques magnifiquement éla- • bourés. • Audit chasteau y at une chapelle érigée en bénéfice, en laquelle • l'archevesque de Cambray , Maximilien de Berghes , remit et • consacra un autel l'an 1602, à la requesle du susdict comte de • Fontenoy, en mémoire et honneur de la Vierge Marie, saint • Philippe et sainte Yolende. En icelle reposent plus de trois cents • reliques de saints , approuvées par lettres authentiques du pape • Clément VIII, qui, à l'occasion d'icelles, donna indulgences • remarquables. L'on y voit un estandart que les mutinés soldats • de Ruremonde firent bénir avec certaines cérémonies par Henry • Cuyck, évesque de Ruremonde, et puis l'offrirent, après qu'ils • eurent receu leur payement, audit comte de Fontenoy, qui sor- • toit d'ostaige. Il y a tel escriteau au costé desdits estendars : Joy qui chantera cy pendus ces estandars , Le seigneur de ce lieu ayant esté hotaige A Ruremonde , auprès des mutinés soudarts , Une mort accomplit que la cure d'advantaigc (?) Les receut d'eux (<5 debte) et pour servir à Dieu, Obéir à son prince et aider sa patrie, II y fust aresté , et l'évesque du lieu Les bénissant
de sa main avecq cérémonie. » Nous dirons, pour compléter le récit de Vinchant, que la coll
ation de la chapelle castrale d'Havre appartenait au seigneur. Le 0 mars 1787, Antoine-Joseph Merat, prêtre séculier qui la desservait depuis le 18 décembre 1732, fit la déclaration de ses revenus au gouvernement. On y lit que les charges consistaient en deux cent-huit messes par an, à dix patars chacune, qu'on pouvait célébrer au château ou ailleurs , à l'heure et à la volonté du duc. Il n'existe pas de titre de cette fondation. L'église paroissiale d'Havre est à quelques pas du château '.
Nous publions dans l'appendice, sous B, le texte de deux épilaphes qui sont conservées dans le chœur de cette église et qui rappellent la mémoire de la princesse Anne de Lorraine, épouse de Philippe de Croy, duc d'Arschot, et celle de Charles-Alexandre de Croy, marquis d'Havre, comte de Fontenoy, chevalier de la Toison d'or, chef des finances des Pays-Bas, qui fut tué d'un coup d'arquebuse que luy tira un poltron, • et qui l'atteignit dans son hôtel à Bruxelles, le 9 novembre 1624. Une chapelle, dédiée à Notre-Dame de Bon Vouloir, située à l'extrémité du hameau de ce nom et à une faible distance du château d’Havre, renferme les tombeaux de plusieurs autres membres de la famille de Croy-Havré. Nous nous occuperons de ce petit édifice dans un article spécial.
1 Cette église est érigée sous l'invocation de saint Martin. L'abbaye de Saint-Denis en-Brocqueroye en avait le patronage. Il s'y trouvait autrefois une chapelle de Noire-Dame qui fut fondée en 1305 par Sohier d’Enghien, chevalier, châtelain de Mons et seigneur d'Havre.

Sohier d'Enghien est aussi cité comme châtelain en 1295, 1310 et 1318.

On peut en retrouver traces sur une clef de voûte de la chapelle et dans la salle gothique du château ainsi que sur un vitrail de la chapelle Saint-Antoine-en-Barbefosse Englebert ou Sohier d'Enghien, issu d'une famille noble, est cité comme " castelain de Haverech " en 1266.

Il épouse Ide, fille de Gossuin de Mons, fils d'Isaac.  Ils ont comme descendance - Sohier d'Enghien, Gérard d'Enghien et quelques filles.

Gérard d'Enghien est cité pour la première fois comme châtelain d'Havré le 21 octobre 1326.

Il fonda la chapelle Sainte-Marguerite à Mons en 1358.  Il épouse en premières noces Marie de Fagneulles qui lui donne deux enfants - Gérard d'Enghien et Jeanne d'Enghien qui épouse Jacques de Harcourt, baron de Montgommery.

Il épouse en secondes noces Jeanne), fille de Fastré, sire de Ligne.  Il meurt en 1425.

Gérard II d'Enghien, sire d'Havré, châtelain de Mons, succède à son père.  Il fonde la chapelle de saint-Antoine-en-Barbefosse.  Il épouse Jeanne de Hanneffe de Warfusée, de Presles et de Walhain.  Ils ont comme descendance -

1) Jacques d'Enghien qui épouse Marie, fille du comte de Roucy ;

2) Jeanne d'Enghien reste célibataire donc sans descendance ;

3) Gérard III d'Enghien cité plus loin. 

En 1423, Gérard II d'Enghien, sire d'Havré et châtelain de Mons, se déshérite de ses biens en faveur de son neveu Christophe de Harcourt fils de sa sœur Jeanne d'Enghien et de Jacques de Harcourt , baron de Montgommery Ceux-ci ont quatre enfants parmi lesquels Christophe et Jean de Harcourt. Par cette décision, Gérard II d'Enghien fait passer le château d'Havré dans la famille des Harcourt.

Gérard III d'Enghien, sire de Seraing, épouse Marguerite de Marbaix.  Il lève bannière à la bataille de Roosbeke en 1382.  Il a, hors mariage, Jean d'Enghien, bâtard d'Havré, sire de Presles, qui fonde la lignée de " Haverech ".

La pierre sépulcrale de Gérard III se voyait dans la chapelle de Saint-Antoine-en-Barbefosse

Poste de guet sur la Haine en amont de la ville de Mons, le domaine d'Havré est connu dans l'histoire depuis le XIIe siècle.

Ce poste deviendra une forteresse dont aucun document connu ne permet de représenter l'aspect.  Les Enghien, propriétaires, reconstruisent la forteresse dans la disposition en quadrilatère que nous lui connaissons encore aujourd'hui.  Après avoir subi les assauts des bandes liégeoises et brabançonnes, la place forte est détruite, en 1365, par les Flamands venus dévaster la région de Mons. 

28 avril 1423, Gérard d'Enghien cède à son neveu, Christophe de Harcourt, le domaine d'Havré.

Christophe de Harcourt chevalier et grand-maître des eaux et forêts de France, conseiller et chambellan du Roi meurt sans descendance.

Jean de Harcourt, est chanoine de Laon, évêque d'Amiens en 1419, de Tournai en 1437, archevêque de Narbonne en 1437, patriarche d'Antioche et d'Alexandrie en 1447. En 1427, avant la mort de son frère Christophe, il fait relief de la terre d'Havré et en devient le seigneur. A sa mort en 1452, il laisse ses biens à sa nièce Marie de Harcourt, petite-fille de Jeanne d'Enghien, dame d'Havré, de Tancarville et Montgommery, qui épouse en 1439 Jean d'Orléans, comte de Dunois et Longueville. Elle meurt en 1464.  C'est ainsi que le château d'Havré passe dans la famille d'Orléans.

 Mars 1439, Marie de Harcourt épouse Jean d'Orléans.

 Jean d'Orléans, marié à Marie de Harcourt, est comte de Dunois et de Longueville (Seine inférieure, arr. de Dieppe), grand chambellan de France, fils naturel de Louis de France, duc d'Orléans, et de Mariette d'Enghien (fille de Jacques et de Marie de Roucy).  Il est plus connu sous le nom de " Beau Dunois ".  Il est le compagnon de Jeanne d'Arc qui l'estime tout particulièrement.  Il donne les plus grandes marques de courage dans la lutte de la France contre l'Angleterre.  Après la mort de la Pucelle, il continue son œuvre, se signale à la défense d'Orléans (1428), conduit l'entreprise devant Chartres (1431) et contribue beaucoup à la reddition de Paris (1436).  Il occupe la place d'honneur lors de l'entrée du roi à Paris (1437). Il meurt à Lay (près de Paris) en 1468.  A sa mort, la seigneurie d'Havré passe à son fils François d'Orléans.

François I d'Orléans, né en 1447, est gouverneur de Normandie, du Dauphiné, grand chambellan de France (1485). Il meurt en 1491 à Châteaudun.  Il est l'epoux Agnès de Savoie.

Francois II d'Orléans est grand chambellan de France et de Guyennes.  Sa terre de Longueville est érigée en duché en 1505.  Il épouse en 1505 Françoise d'Alençon fille de René et de Marguerite de Lorraine.  Il meurt à Châteaudun en 1512.  A sa mort, la seigneurie d'Havré passe à sa fille Renée d'Orléans.

Renée d'Orléans est comtesse de Dunois et duchesse de Longueville, elle meurt célibataire à Paris.

En 1518, sa terre et sa seigneurie d'Havré sont cédées à Philippe de Croÿ, seigneur de Porcien, en échange de la terre de Longwy (comté de Perche) en Normandie.  L'échange a lieu le 5 juin 1518 et est ratifié par le roi Charles-Quint à Saragosse en juillet 1518.

En 1518, après l'échange des domaines avec la famille d'Orléans, la terre d'Havré passe à Philippe II de Croÿ, fils de Henri et de Charlotte de Châteaubriant (=1509) qui porte "  de gueules fleurdelisé ", Philippe II de Croÿ (1496-1549) épouse :

1) Anne de Croÿ ;

2) Jeanne de Humière ;

3) Anne de Lorraine (descendante de St-Louis).

Les armes d'Anne de Lorraine sont reprises sur le blason de son fils Charles-Philippe (voir contre-fiche " Sans fin, Croÿ ").

Certains historiens et généalogistes ont cru pouvoir trouver les origines de la famille de Croÿ parmi un descendant des rois de Hongrie.

Armoiries des familles alliées au Croÿ copiées au 18e siècle à l'Hôtel de Ville de Mons par Félix Hachez.

"Vu que les familles sont étrangères, il est intéressant de savoir à quel titre leurs armoiries figuraient dans le salon d'honneur de notre hôtel communal.  Quant aux Croÿ, le problème est résolu par la haute considération dont ils jouissaient en Hainaut ; et quant aux autres familles l'existence de leurs blasons s'explique par les alliances que durant la XVe et le XVIe siècles les Croÿ contractèrent avec les Châteaubriant, les Albret, les Ghistelles et les Hallewijn.  Les quartiers de noblesse de ceux-ci formant le complément des quartiers des Croÿ.

A défaut d'indices sur l'époque et le placement de ces armoiries, nous nous expliquons celles-ci par les mœurs et les idées du XVIIe siècle.  Nos échevins se relevaient d'autant plus qu'ils honoraient davantage les personnages distingués de leurs familles ; en outre, nos bourgeois étaient fort flattés d'admettre ces illustres étrangers comme des concitoyens".

Avril à juillet 1518.  Le château passe, par échange, à Philippe de Croy.  Chirurgien du roi de France Charles IX, Ambroise Paré décide, contre l'usage courant, d'appliquer la ligature des artères.  Charles Philippe de Croy ayant été blessé d'un coup d'arquebuse à la bataille de Montcontour, Paré est envoyé par le roi à Havré.  Il soigne et guérit le prince (1569).

Mars 1578. Don Juan, à la tête de 6.000 hommes, assiège la forteresse; les soldats se rendent, le château est intact.

23 juillet 1578, Le duc d'Anjou attaque et enlève la place.  Des pièces d'artillerie, appelées à la rescousse, ont infligé de lourds dégâts.

Eté 1578.  Un violent incendie achève le désastre.

Pierre Lepoivre, architecte montois, a dessiné, de mémoire, l'aspect du château avant ces événements tragiques.  Grâce à cette esquisse et aux vestiges encore existants, nous pouvons nous représenter le château tel qu'il était alors - quatre tours d'angle reliées par une haute courtine et un corps de logis avec chapelle en éperon.

Charles Alexandre de Croy, marquis d'Havré, commence la restauration du château vers 1600.

Il crée un ensemble majestueux où jouent briques rouges et pierres.  Le donjon est coiffé d'un beau bulbe ardoisé.  Une girouette, supportant la couronne du Saint-Empire germanique, le surmonte.  Le bulbe inspirera, entre autres, les architectes du château de Chimay et de la collégiale de Dinant.

Superintendant du roi d'Espagne aux PaysBas, chevalier de la Toison d'Or, prince du Saint-Empire germanique, chevalier héréditaire de la ville de Mons, Charles Alexandre de Croy est un personnage considérable.  Homme de guerre et de gouvernement, il est aussi particulièrement sensible aux choses de l'art.  Il impose une magnificence dont bénéficie la vie au château.  Transformé en une opulente demeure avec sa tour des hôtes et ses grandes salles d'apparat, le château voit passer des visiteurs de marque.

Van Dyck, collaborateur de Rubens et familier des Croy, Rubens lui-même, Marie de Médicis, l'Infante Isabelle, Marie de Hongrie, le duc de Malborough, le prince Eugène de Savoie notamment séjournent au château d'Havré.

 Dans le secteur tertiaire, Havré possède encore beaucoup de commerces, notamment un bureau de poste, quelques boulangeries et trois pharmacies.

Dès 1930, des éboulements successifs, parfois très importants, menacent la vie d'un patrimoine qui sera pourtant classé en 1936.

1947 - Emile Poumon, Havrésien féru d'histoire, publie » Havré, le duché, le village, le prieuré de Saint-Antoine en Barbefosse ".  Le château est abondamment évoqué et décrit.  Le présent livret se réfère souvent à l'ouvrage.

1950 - Emile Poumon a obtenu, des pouvoirs publics, un subside pour la restauration du bulbe.  Les travaux devront être interrompus prématurément, en raison de l'épuisement du budget accordé.

1978 - Quelques habitants d'Havré se groupent et fondent une A.S.B.L. - " Les Amis du Château des Ducs d'Havré ".  Objectif - la sauvegarde du site. Armés de leur enthousiasme, de leur courage et de modestes moyens techniques, les pionniers déblaient, dégagent.  Des collaborateurs bénévoles se joignent à eux.  Des camps de vacances sont organisés auxquels participent notamment des étudiants américains logés chez l'habitant.  Les différents régimes de mise au travail de demandeurs d'emploi permettent l'engagement d'un personnel permanent, tant pour le chantier que pour le secrétariat.  Grâce à des aides publiques et privées relayées par les efforts de tous les acteurs de l'entreprise, les efforts de consolidation et de rénovation se poursuivent.

A voir http://home.scarlet.be/heraldus/Havre.html

Histoire d'Havré